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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 13:22

La chaire placée à gauche du grand portail est le plus vieil élément de la Collégiale, tout ayant été détruit à la fin du seizième siècle lors des Guerres de Religion. Elle a été construite par un sculpteur bourguignon Pierre Noirot, mort en 1630 à Montréal. Le panneau central en bois sculpté représente le Christ Roi, et, de part et d'autre, les évangélistes : Mathieu, Marc, Luc et Jean. La cuve est supportée par un aigle doré aux ailes déployées et six corps de serpents à la tête d'hydre.




La chronique de Guillaume de Puylaurens raconte ainsi l'évènement qui eut lieu en 1202

" Parmi les multiples disputes qui eurent lieu avec les hérétiques en divers endroits, l'une des plus solennelles eut lieu à Montréal où furent présents nos champions et le vénérable Pierre de Castello novo légat, son collègue Maître Radulfus, pour sa partie ainsi que plusieurs autres boni viri, et pour l'autre partie, l'hérésiarque Arnaldus Othonis, Guilhabertus de Castris, Benedictus de Termino, Poncius Iordani et beaucoup d'autres dont les noms ne sont pas écrits dans le livre de vie, l'an du Seigneur 1207.

 

On disputa par le moyen d'écrits durant plusieurs jours devant des arbitres élus par les parties, à savoir, Bernardo de Villanoua et Bernardo de Arcens, chevaliers, et Bernardo Goti et Arnaldo Riberiae, bourgeois, auxquels les parties remirent leurs écrits. Le fondement de la dispute fut pour la partie des hérétiques qu'Arnaldus Othonis accusa l'Église romaine défendue par l'évêque Oxomensis (d'Osma) d'être ni la sainte Église, ni l'épouse du Christ mais l'Église du diable et la doctrine des démons, et d'être la Babylone que Jean dans l'Apocalypse accuse en tant que "mère des fornications et des abominations, ivre du sang des saints et des martyrs de Jésus-Christ ", dont l'ordination n'est ni sainte ni bonne ni instituée par le Seigneur Jésus-Christ disant que jamais le Christ ni les apôtres n'avaient ordonné ou installé l'ordre de la Messe comme elle est ordonnée aujourd'hui.

 

Pour prouver le contraire, l'évêque se présenta avec les autorités du Nouveau Testament. Quelle douleur que parmi des chrétiens l'état de l'Église et de la foi catholique se fut avili au point d'être obligé de remettre au jugement de laïcs l'examen de tant d'outrages.

 

Les mêmes parties apportèrent donc les écrits aux laïcs susdits, qui reçurent d'elles l'autorité de juger, et ils refusèrent de délibérer et se séparèrent sans avoir achevé l'affaire. Pour moi, bien des années après, je demandai au seigneur Bernardum de Villanoua ce qu'on avait fait des écrits susdits, ou si la dispute avait été conclue. Il me répondit que rien n'avait été conclu, car les écrits furent perdus à l'arrivée des croisés, quand tous s'enfuirent de ce castrum et des autres. Il dit que cependant cent­cinquante hérétiques environ se convertirent à la foi après avoir compris ce qui avait été dit. Pour moi, je soupçonne que quelques-uns de ses collègues qui étaient favorables aux hérétiques les avaient supprimés... "

 

C’était deux ans avant que les Croisés traversent et soumettent le Midi, et passent par Montréal vidé de ses habitants lors du siège de Carcassonne...

" L’Eglise cathare avait connu à Montréal le plus grand succès de son histoire. Elle avait obtenu de l’Eglise catholique une discussion publique sur un pied d’égalité, et elle avait à son tour et pour la première fois depuis le Xe siècle mis officiellement son adversaire en accusation, en s’adressant à un légat, Pierre de Castelnau, dont l’irénisme ne semble pas avoir été la qualité majeure. Cette attitude de provocation peut paraître étrange, alors que la Croisade commençait à être suggérée depuis le début du siècle et en tout cas depuis 1204" Jean Duvernoy.

 

La mairie de Montréal d’Aude organise le mardi matin 2 octobre (rendez-vous à 10 heures devant la Mairie) une cérémonie commémorative avec une introduction par Jean Louis Gasc (Association les Compagnons de Partage), la lecture de l’épisode dit " Colloque de Montréal " d’après la chronique de Guillaume De Puylaurens, une mention des différentes sources documentaires de l’épisode par Michel Jas, un exposé d’Anne Brenon " Montréal avant le déclenchement de la Croisade ", suivi d’un verre de l’amitié et de chants des troubadours Virginie et Rodolphe Kowal.

 

Information transmise aux Actualités unitariennes par le pasteur Michel Jas.

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