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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 11:41

Dordrecht--27-octobre-07----glise-transform--e-en-magasin--format-r--duit.JPGalternative à la fermeture des églises paroissiales : les vendre (ou les louer) aux commerçants ! Ici à Dordrecht, en Hollande, en plein centre ville. 

photo Jean-Claude Barbier (2007)



Les catholiques, c’est bien connu, n’osent pas contredire leur pape et leurs évêques, mais ronchonnent et râlent dans leur coin, par derrière, sinon quittent leur bateau sur la pointe des pieds. En France, ils n’ont pas moufté lorsqu’on leur a fermé leur lieux de culte le dimanche matin sous prétexte qu’il n’y avait pas assez de prêtres et qu’il fallait " regrouper les paroisses ".

Mieux, ou pire, les synodes diocésains, noyés sous le nombre de dévots et de bénis oui-oui, n’ont fait entendre aucune voix discordante, bien conduits qu’ils étaient sous la houlette des évêques et de leurs assistants. Assurément, les débats ouverts ne sont pas le fort des milieux catholiques par trop habitués à une longue obéissance de type cléricale. On explique doctement aux ouailles que l’Eglise du Christ n’est pas une démocratie ... Serait-ce alors une monarchie papale ? une théocratie ? çà, on n'ose le dire franchement ...
 

La Correspondance unitarienne * s’était étonnée en son temps de cette fermeture d’églises paroissiales allant à l’encontre des services de proximité, de la convivialité villageoise, des identités locales, et, au-delà des seuls fidèles, de la fierté d’un patrimoine architectural et d’une histoire particulière.

* "Urgent ! des communautés de base, bon Dieu ! pour ne pas laisser tomber nos lieux de culte", Jean-Claude Barbier, n° 21, juillet 2003.


Et voilà que les rares prêtres restant, comme des facteurs, se sont mis à circuler à vive allure entre des lieux de culte de plus en plus éloignés afin d’aller y donner les sacrements, car il paraît que, sans eux, ces dits sacrements ne seraient pas valables. Les laïcs seraient-ils donc trop nuls ? pas assez baptisés (malgré le sacrement de confirmation qui pourtant dit bien son nom) ? pas assez purs et saints (par rapport à un chaste clergé) ? pas assez formés (rien ne vaut de longues études de théologie pour ressasser les vieilleries !) ? ou tout simplement pas assez encadrés pour une obéissance à toute épreuve ? trop libres ?


Cette politique de regroupement des paroisses a-t-elle pensé aux braves prêtes desservants en leur fournissant des véhicules en bon état pour leurs tournées incessantes ? en prévoyant des primes de pénibilité ? le paiement des heures sup ? Il paraît que ces derniers se plaignent d’être débordés .. mais ils ne sont pas encore syndiqués !


Et voici que nos dominicains néerlandais soulèvent un lièvre : il paraît que çà ronchonne effectivement dans les chaumières et que, somme toute, nombre de fidèles préfèrent une distribution eucharistique faite par un laïc du coin, rencontrer leurs voisins dans le lieu de culte habituel, plutôt que d’aller se farcir des kilomètres (d’autant plus que les néerlandais pédalent à vélos !) et assister au sein d’une assemblée moins communautaire, sinon anonyme.


Et puis, comme se sont de gros nuls en théologie, ils ne verraient pas très bien, paraît-il, la différence entre une eucharistie déjà consacrée par un prêtre et distribuée par un laïc (en quelque sorte du play-back) et une eucharistie célébrée en direct. Bien entendu, la hiérarchie répète à qui veut l'entendre qu’on ne saurait confondre, que c’est un pis-aller, que rien ne vaut le direct, que " les services de la parole et la communion " constituent seulement un palliatif, en quelque sorte une sous-eucharistie, des trucs que l’on fait en cas d’urgence (comme par exemple le baptême par un laïc – eh oui, c’est dans le Droit canonique de l’Eglise !). Rien n’y fait, car les laïcs sont par ailleurs des têtus … et puis, ils votent avec leurs pieds.
 

Le texte intégrale de l'enquête qui fut menée par les dominicains néerlandais  auprès des paroissiens de leur pays à été traduit en français par "Nous sommes aussi l'Eglise" (NSAE). Il est disponible auprès de Lucienne Gouguenheim ou de la Correspondance unitarienne


En France, c’est depuis belle lurette que la mouvance catholique libérale, réunie au sein de la Fédération des réseaux du Parvis, pratique des célébration libres où le partage du pain et le vin fait signe tout simplement parce que l’assemblée est réunie au nom de Jésus. 

La dernière en date : le culte de clôture de la Rencontre annuelle du Parvis dans les montagnes vosgiennes, près de Saint-Dié, ce dimanche 25 novembre, avec plus de 80 participants (malgré les grèves et autres avatars). 

Moments particulièrement émouvants pour des chrétiens qui redécouvrent le sens de l’eucharistie qui nous réunit tous, par un lien profond, intensément fraternel.


Les chrétiens unitariens s’honorent de participer à la Fédération des réseaux du Parvis
Ils y contribuent à la réflexion théologique qui y est menée 
pour une pratique cultuelle mieux adaptée.

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