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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 15:32

S'inspirant de la proposition de manifeste de Golias " Pour un Catholicisme moderne " (n° 114bis) et d'un article de la Revue Jonas " Un autre schisme " (n°133), des membres de Chrétiens sans Frontières du Val d'Oise (CsF 95) invitent à diffuser largement le texte suivant et plus particulièrement les perspectives qui en découlent. 

ANALYSE DE LA SITUATION ACTUELLE DU CATHOLICISME

Une suite de décisions et de documents romains viennent de mettre en lumière les orientations que Benoît XVI prétend mettre en oeuvre. Par leur contenu, celles-ci mettent fin aux orientations du Concile Vatican II et ouvrent une ère de restauration, au risque de provoquer un nouveau schisme ou le détournement d'un certain nombre de chrétiens de l'Eglise vers d'autres formes et lieux de spiritualité.

Aussi, dans un premier temps, il parait important de se demander " comment en est-on arrivé là ? "

Une première cause est une mutation globale de la société qui a échappé à l'attention de nos responsables religieux ou dont ils n'ont pas voulu tenir compte, car remettant en cause leur rôle et leur formation. Ainsi on a pu constater " un moindre engouement pour ce qui est collectif " et un phénomène d'individualisation. Cela a abouti à de nouvelles formes de regroupement : limité dans le temps et dans l'objectif à atteindre ou encore en réseaux.

La deuxième cause est " la pauvreté du langage chrétien actuel ". Ni la symbolique, ni l'émotion, ni l'imaginaire n'y retrouvent leur compte ! La créativité, quand elle arrive à s'exercer, est objet de suspicion voire de rejet non seulement de la part de certaines autorités religieuses mais aussi d'une partie des catholiques encore pratiquants. La liturgie est devenue souvent cérébrale, ennuyeuse, sans lien réel avec la vie des femmes et des hommes de notre temps !

La troisième cause est que, tout en se prétendant " ouverts ", des prêtres mais aussi des laïcs en responsabilité sont directifs voire autoritaires.

Des théologiens se sont autocensurés de peur d'être sanctionnés ou se sont contentés à être " la voix de son maître ". 

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militante catholique épuisée pour avoir dû monter trop d'étages ! 

De grands " rassemblements télévisuels " ont tenté de cacher la réalité : le peu de présence active
des 18-35 ans, ce qui hypothèque gravement l'avenir des communautés chrétiennes. Enfin, les évêques, sauf quelques rares personnalités, n'ont pas osé ouvrir une forme de ministère pastoral renouvelé. De ce fait, chrétiens en responsabilité et prêtres se sont épuisés à la tâche ou se sont découragés devant le peu de succès apostolique et le manque de relève.

Cette dévitalisation de forces vives a permis à une alternative de type conservateur voire intégriste d'occuper le terrain. La nostalgie d'un passé idéalisé a envahi certains esprits. " Un moralisme coincé, anachronique, inhumain et parfois hypocrite " en particulier dans le domaine de la sexualité s'est affiché. Joseph Ratzinger, par sa rigidité doctrinale et morale, a conforté cette évolution.

Or on ne peut enfermer le mystère chrétien dans des formules, des rites et des prescriptions qui ont été élaborés en fonction de la culture d’autres époques. Ils se révèlent bien souvent inadaptés pour la mission de l'Eglise : transmettre et faire vivre pour nos contemporains le message d'amour de Jésus-Christ.

Ce constat affligeant amène à formuler quelques perspectives de résistance et d'ouverture à notre monde contemporain. C'est l'objet de la deuxième partie de ce Manifeste. [à suivre]

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