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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 17:45
Après les chrétiens nestoriens en Chine, au IXème siècle, et les Franciscains au XIIIème siècle, il y eut les Jésuites italiens au XVIIème siècle. Il y laissèrent un bon souvenir.

Matteo Ricci (né à Macerata en Italie en 1552- mort à Pékin 1610) ; en pinyin Lì Mǎdòu, son nom chinois. Il fut ordonné novice jésuite à Rome en 1578, puis envoyé comme prêtre à Cochin (en Inde) en 1580. Il entra en Chine en 1583 et s'installa à Zhaoqing, près de Canton, et parvint à entrer en contact avec des mandarins, grâce à ses grandes connaissances en mathématiques et en astronomie. Il resta dix-huit ans dans le sud de la Chine, à proximité de Macao, et apprit à lire et écrire le chinois. Voir ses déplacements missionnaires sur une carte publiée sur le site consacré à son histoire

matteo-ricci.jpgPortrait de Matteo Ricci, en 1610, par le jésuite chinois Emmanuel Pereira (détail).

En 1601, il se fit inviter a la cour impériale de Pékin, en tant qu'ambassadeur des Portugais auprès de l'empereur Wanli, porteur d'une épinette, d'une mappemonde et de deux horloges à sonnerie. Sa rencontre avec les proches de l'empereur fut à l'origine de l'essor de l'horlogerie moderne en Chine, au début de la dynastie Qing (1644 - 1911).

Il étudia la langue et la culture chinoise, et devint un lettré chinois. Il définit la démarche d'inculturation de la religion chrétienne en Chine. La musique fut pour lui un moyen de transmettre la religion catholique: il chantait des airs édifiants, souvent sur des textes traduits en chinois. Il a même publié à Pékin en 1608 un recueil de huit airs avec accompagnement (Xiqin qu Yi "Airs pour cithare européenne") qui connut un succès incroyable : ses rééditions se succédèrent jusqu'au XIXe siècle; la musique en semble perdue, mais les paroles en chinois ont été conservées.

matteo_ricci_tombe.jpgIl parvint à fonder l'Église chinoise (en 1605 il fit édifier le "Nantang" l'Eglise du Sud, actuel siège de l'évêché de Pékin), mais ses efforts de christianisation furent partiellement ruinés, plus tard, lors de la querelle des Rites chinois. Il fut inhumé, avec la permission de l'empereur, à proximité de la Cité interdite. Dans la religion populaire chinoise, Matteo Ricci est vénéré comme maître des horloges et protecteur des horlogers.

La tombe de Matteo Ricci à Pékin

Décédé à Pékin, à l’âge de 57 ans, Il avait reçu le privilège, de l’empereur lui-même, d’être enterré sur place, en dehors de la porte de l’Ouest où de nombreux autres jésuites furent enterrés par la suite. Détruit par les Boxers en 1900, restauré par la suite, puis à nouveau détruit durant la Révolution culturelle en 1966, le site fut une nouvelle fois restauré et les stèles des trois grands missionnaires jésuites – Matteo Ricci, Adam Schall von Bell et Ferdinand Verbiest – ont été reconstituées. Elles se trouvent aujourd’hui dans un petit jardin au centre de l’école des cadres du Parti communiste chinois en plein cœur de la capitale.


Des Instituts Ricci ont été fondés par les Jésuites après leur retrait forcé de Chine continentale, pour poursuivre l'oeuvre intellectuelle de Matteo Ricci. D’abord celui de Taipéi à Taiwang en 1966, à Paris en 1976, à San Francisco et à Macau en Chine. Un « Dictionnaire Ricci de la langue chinoise », a été commencé en 1950 et publié en 2002 : il comprend sept volumes, neuf mille pages, plus de 300 000 définitions ; il est reconnu comme le dictionnaire chinois-langue étrangère le plus complet au monde. Le « Grand Ricci », en français, est à ce jour le plus grand dictionnaire du chinois vers une langue occidentale.

P. Michel Masson, jésuite, directeur de l’Institut Ricci de Paris, vient de publier aux Éditions Facultés jésuites de Paris : « Matteo Ricci, un jésuite en Chine », 205 p., 25 € (avec huit lettres inédites de Matteo Ricci pour découvrir cet homme exceptionnel).

L’œuvre de ce jésuite est réputée en Chine et considérée à sa juste valeur. Voir l’article de Dorian Malovic sur le site du journal La Croix.

matteo_ricci_mappemonde-copie-1.jpg
La mappemonde de Ricci est exposée à la Biblioteca Ambrosiana de Milan.
A noter une première esquisse de l'Australie (confondu avec le continent artique).

2010 sera à l'Institut Ricci et pour tous ceux qui s'intéressent à la Chine une année pour célébrer Matteo Ricci : « le jésuite du XVIème siècle qui nous a ouvert les portes de la Chine», pour célébrer le 400ème anniversaire de la mort de ce missionnaire. Le Douzième colloque international de sinologie se tiendra le 27 et 28 mai 2010 « L’échange des savoirs entre la Chine et l’Europe »

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