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13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 17:46

Lucilio Vanini (1585-1619), dit Giulio Cesare Vanini, né à Taurisano près de Lecce, en Italie, est mort supplicié à Toulouse par l’Inquisition.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Giulio_Cesare_Vanini

Le 8 février dernier, soit 389 années après sa condamnation et son exécution (le 9 février 1619), la Ville de Toulouse a salué la mémoire du grand philosophe et naturaliste italien. En présence de Pierre Gueguen, président de la Fédération de Haute-Garonne de la Libre Pensée et de Marc Blondel, président nationale de la Libre Pensée, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a dévoilé une plaque lui rendant hommage.  Celle-ci se trouve sur un support au sol, sur la place du Parlement.

http://www.toulouse.fr/fr-32/actualite-206/vie-quartier-274/toulouse-celebre-liberte-pensee-3055.html


Vanini fait ses études de philosophie et de théologie à Rome, de droit à Naples et de jurisprudence à Padoue. Il entre alors dans les ordres, puis se rend successivement en Suisse, en Hollande, en France et en Angleterre. Lors de son séjour dans ce dernier pays, il abjure le catholicisme en 1612, mais il attaque l’Eglise anglicane et, après 49 jours de prison, doit quitter l’île en 1614. De retour en Italie, à Lecce son lieu de naissance, il redevient catholique et s’adonne aux études physiques qui sont en vogue sous la Renaissance. Il tente d’enseigner à Gêne, passe par la Genève calviniste, puis se retrouve à Lyon en 1615 où il publie un livre pour se disculper de l’accusation d’athéisme, Amphitheatrum aeternae Providentiae Divino-Magicum. Puis il est chapelain du maréchal François de Bassompierre à Paris. Il écrit un second livre, des "dialogues ", genre littéraire fort prisé à l’époque, De Admirandis Naturae Reginae Deaeque Mortalium Arcanis (Merveilleux Secrets de la nature, la reine et la déesse des mortels).


Mais après une première approbation par deux docteurs de la Sorbonne, son livre, réexaminé est condamné aux flammes. C’est alors que Vanini se retrouve à Toulouse où il commence à enseigner. Prenant le surnom de Pomponio Uciglio, il devient précepteur chez monsieur de Berthier, précepteur pratiquant le jour et libertin la nuit. Mais devant les nombreuses rumeurs à l’encontre de son protégé, Berthier le congédie. Vanini trouve refuge chez Adrien de Montluc-Montesquiou, comte de Caraman (actuel arrondissement de Toulouse). 


Il est arrêté en 1618 par l’Inquisition, accusé d’être athée ; en fait, s’il nie la validité des religions révélées, il accepte Dieu comme être absolu et considère la nature comme sa manifestation y compris par des signes que l’astrologie peut saisir. L’accusation y ajoute un zest de mœurs contre-nature afin de bien faire pencher la balance. Condamné à avoir la langue coupée, à être étranglé puis brûlé le 9 février 1619 sur la place du Salin, le hurlement de Vanini fut, de mémoire de Toulousain le plus horrible.

 
Pour en savoir plus :

Didier Foucault, Un philosophe libertin dans l’Europe baroque. Giulio Cesare Vanini (1585-1619). Paris, Honoré Champion, 2003. L’auteur est professeur agrégé, docteur en histoire et enseignant à l’Université du Mirail.

 

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