Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Rechercher

Archives

1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 11:49

Communiqué du Manifeste des libertés : " Notre solidarité avec les chrétiens d’Algérie ", Paris, le 27 mars 2008.

Des médias dignes de foi font état d’un climat de harcèlement et de pressions sur les Eglises chrétiennes, tant catholiques que protestantes, à travers tout le territoire.

La loi du 28 février 2006, régissant les " conditions et règles d’exercice des cultes autres que musulmans ", a pour objectif premier d’assurer " la tolérance et le respect entre les différentes religions ". Les restrictions qui l’accompagnent ne visent que " les activités illégales des évangéliques néo-conservateurs développant un prosélytisme agressif ". Aujourd’hui, ces restrictions sont étendues aux membres des autres Eglises, dont le comportement ne peut être assimilé à du " prosélytisme ".

Outre les difficultés de tous ordres auxquelles sont confrontées les communautés évangéliques récemment constituées, on rapporte :

* l’expulsion, en 2005, d’une vingtaine d’étudiants africains qui avaient participé à une rencontre biblique à Tizi-Ouzou ;

* la radiation de l’Education nationale pour " prosélytisme " d’un directeur d’école et d’un instituteur, citoyens algériens de confession chrétienne, en décembre 2007 ;

* les tracasseries administratives pour les visas d’entrée des responsables de congrégations religieuses engagées dans le pays, ou pour leurs remplacements ;

* la condamnation, le 30 janvier 2008, par le tribunal de Maghnia, du Père Pierre Wallez, du diocèse d’Oran, à un an de prison avec sursis pour avoir prié, un mois plus tôt, le lendemain de Noël, avec un petit groupe de migrants clandestins subsahariens " hors d’un lieu de culte " ;

* la condamnation, par ce même tribunal, à deux ans de prison ferme, d’un médecin algérien accompagnant le Père Wallez : il est accusé d’avoir exercé la médecine hors du centre public de soins dont il a la charge, en faisant usage du matériel du centre ;

* l’expulsion – suspendue, depuis – du pasteur Hugh Johnson, ancien président de l’Eglise protestante d’Algérie, où il réside depuis quarante-cinq ans, et de quatre volontaires brésiliens de la communauté Salam.

Ces mesures qui nous préoccupent au plus haut point sont la marque d’une idéologie rétrograde et obscurantiste, empêchant l’exercice des libertés individuelles de conscience, de culte et d’expression, que garantit la Constitution.

Peut-on oublier qu’à la tête de l’Eglise d’Algérie, monseigneur Duval fut l’une des premières personnalités à condamner publiquement la torture pratiquée par l’armée française, et que de nombreux réseaux chrétiens ont soutenu activement la lutte du peuple algérien pour son indépendance ? Faut-il rappeler le prix que l’Eglise a encore payé durant les années 1990 pour ses relations d’amitié et de partage, avec l’assassinat de dix-neuf de ses membres, dont monseigneur Claverie, évêque d’Oran, et les sept moines de Tibéhirine. Comment ignorer qu’aujourd’hui encore, loin de tout prosélytisme, elle reste " Eglise de la rencontre ".

L’Algérie doit redevenir un pays d’accueil et de fraternité pour tous ceux qui y vivent, et ne pas céder au climat d’islamisme rampant dont de tels agissements sont les symptômes.

Nous assurons les chrétiens d’Algérie de notre sympathie et de notre solidarité, et demandons aux autorités de mettre fin à la campagne de harcèlement à leur égard.


Pour information et contact : Association du Manifeste des libertés (AML),
manifeste@manifeste.org

Ce texte nous a été transmis par Jean Riedinger, responsable de l’Observatoire chrétien de la laïcité (OCL), instance à laquelle adhèrent plusieurs mouvements de la Fédération des réseaux des parvis
.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Articles Récents