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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 09:38

L’actualité est sans cesse secouée par des revendications sécessionnistes de la part de minorités ethniques dans le cadre d’Etats qui s’affirment non seulement comme unitaires (à savoir non fédéraux), mais aussi comme nationalistes, c’est-à-dire refusant les particularismes territoriaux et voulant uniformiser leurs populations sur une seule culture (laquelle se fait alors dominante).

Ainsi, par exemple, le nationalisme chinois (domination des populations han au Tibet, au Turkestan oriental et en Mongolie intérieure), le nationalisme serbe (qui a massacré les populations musulmanes des Balkans), le nationalisme géorgien (qui a supprimé l’autonomie des Ossétiens, des Abkhazes et des Adjars), le nationalisme russe qui essaie de se retrouver un second souffle, etc.

Une ethnie se définit par des caractéristiques culturelles (langue, religion, coutumes, activités économiques). Le peuplement peut en être hétérogène, issu de multiples migrations, mais l’ethnie joue alors le rôle de creuset, ralliant tout le monde autour d’une culture et d’une même histoire (réelle ou fantasmée, assise sur des mythes d’origine, etc.).

Attention ! l’ethnie n’est pas forcément demandeuse d’indépendance. Les revendications corses et basques en France et en Espagne sont l’affaire d’activistes qui visent un pouvoir local à leur profit, mais non de la population. Par contre les ethnies, d’une façon générale, ne souhaitent pas que leur territoire soit envahie par d’autres populations, encore moins si celles-ci sont en position politiquement dominante.

Disons que les ethnies sont chatouilleuses et acquises au principe de l’égalité et du respect mutuel. Elles apprécient lorsque le découpage administratif préserve leur unité territoriale (ce qu’avait fini par comprendre les puissances coloniales britanniques, françaises et allemandes en Afrique). Une départementalisation ou une régionalisation peuvent s’avérer suffisantes. L’érection d’un nouvel Etat exige en effet des ressources suffisantes et une reconnaissance internationale.

Les historiens de l’Antiquité utilisent directement le mot " peuples " pour désigner les ethnies, mais ce terme est plus large car il peut s’appliquer à une ville dont le peuplement est manifestement hétérogène, ou encore à une région géographique également composite. Il s’appuie sur la manifestation d’une volonté politique lors d’évènements majeurs : le peuple parisien, le peuple français, etc.


Les armoiries de la Géorgie : du patriotisme au nationalisme ?

Alors que l’Union soviétique, grande puissance coloniale et impérialiste, avait su accorder aux peuples des statuts de territoires autonomes ou de républiques – même si, en définitive, le parti communiste noyautait tous les rouages et tirait les ficelles selon les intérêts du Kremlin. Les Etats recouvrant leur indépendance n’ont pas toujours suivi cette sagesse – ou du moins cette habilité politique. Ainsi la Géorgie qui a supprimé tout de go l’autonomie aux populations abkhazes, adjars et ossètes. Ce manque de souplesse, de négociation entre l’Etat de type jacobin et certaines de ses composantes territoriales, mène tout droit au soulèvement et à des conflits interethniques.

Disons haut et fort que tout nationalisme est aveugle et suscite la guerre. L'amour de son pays de naissance, la fierté de sa culture, la solidarité vis-à-vis de sa communauté, s'appellent le patriotisme. Ce sentiment est égalitaire et non dominant car il respecte celui des autres.

Pour la défense des identités, voir notre discours du 25 mai 2008 à l'Eglise unitarienne de Montréal "les identités qui sont nôtres" http://eglise.unitarienne.francophone.over-blog.fr/article-21516750.html 
 

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