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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 05:27

Le malaise est assurément très grand dans les milieux catholiques contestataires, réformateurs, progressistes, libéraux. Nombre d’entre eux ne vont plus à la messe afin de ne plus entendre des propos qui leur semblent surannés, ni de suivre une liturgie qui leur paraît désuète. Certains passent même au protestantisme.

Ils ont mal à leur Eglise, souffrent à chaque nomination d’évêque conservateur (comme récemment Mgr Léonard, évêque de Namur promu au poste d’archevêque de Bruxelles), aux déclarations du Vatican ou de certains prélats. Ils sont nostalgiques de l’élan qui avait été donné par Vatican II et qui leur semble avoir été mis à mal sinon brisé par une réaction menée par les autorités centrales de leur Eglise.

Ils ne rêvent pas cependant de faire dissidence, de fonder une autre Eglise, mais ils veulent réformer leur Eglise de l’intérieur, « faire Eglise, mais autrement ». Ceci dit, ils s’épuisent dans une position défensive par rapport à une Eglise officielle qui, avec ses nouveaux prêtres et ses mouvements cléricaux et charismatiques, s’appuie résolument sur des milieux conservateurs toujours existants. L’Eglise catholique devient de plus en plus un lieu de refuge par excellence contre toutes les aventures progressistes et les excès des mœurs laxistes d’une société de consommation libérée de toute morale. L’évolution est celle d’une dialectique au profit des extrêmes, et à terme celle d’une cassure de fait.

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Entre la résignation inacceptable pour un chrétien qui a la foi et la dissidence (fonder une Eglise catholique indépendante) ou encore le changement d’Eglise (bien d’autres Eglises chrétiennes existent et, somme toute, il y a le choix pour qui veut suivre l’Evangile !), il peut y avoir le vécu alternatif en marge ou en périphérie de l’organisation officielle.

Déjà, des communautés catholiques de base fonctionnent ainsi (depuis plus de trente ans en Italie, puis en France et en Belgique), en pratiquant des célébrations libres avec des prêtres ou sans prêtres. Depuis les dernières années du XXème siècles, les communautés et mouvements catholiques de cette mouvance progressiste se sont regroupés en France (soit une cinquantaine) au sein de la Fédération des réseaux des parvis et en Belgique (soit une quinzaine) au sein des Pavés (Pour un autre visage de l’Eglise et de la Société). Mieux, avec Mgr Jacques Gaillot et le diocèse de Partenia, ces catholiques disposent d’une institution de type diocésain (même si ce diocèse n’existe plus sur le terrain depuis la conquête arabe de la Tunisie !) et d’un leader charismatique. Bref, autant d’institutions qui peuvent servir d'appui pour lancer un mouvement alternatif de plus grande ampleur.

Les ressources humaines ne manquent pas non plus puisque l’Eglise officielle rejette ses enfants : prêtres en concubinage ou mariés, prêtres écartés pour leur homosexualité , prêtres mis sur la touche à cause de leur enseignement jugé non conforme par rapport à la doctrine en vigueur, etc.

Par ailleurs, l’Internet met désormais à notre disposition des moyens efficaces : des lieux d’expression avec les forums, des lieux de documentation et d’information avec les sites et les blogs ; on peut aussi y organiser des cultes comme le fait, au sein d'une autre mouvance chrétienne, l’Eglise unitarienne francophone (culte de maison, suivi d’un partage sur le site) (lien)

D’autres moyens peuvent être mobilisés : pour les réunions de proximité, les plus aisés peuvent proposer leur maison, leur propriété, leur résidence secondaire ; le versement du denier du culte peut être détourné pour les besoins de la mouvance alternative ; la presse catholique contestataire (Témoignage chrétien et Golias en France) est toujours prête à donner de la voix ; etc.

Enfin, les moyens de communication s’étant considérablement développés, les ensembles linguistiques – la francophonie pour nous – deviennent des espaces relationnels privilégiés. Des solidarités et des institutions peuvent mieux s’y organiser, du moins plus facilement que dans les milieux européens ou internationaux dominés par l’anglais que seule une partie restreinte de nos compatriotes pratique avec aisance.

A l’initiative de la Fédération des réseaux des parvis, un Grand rassemblement est prévu à Lyon en novembre 2010. Ne serait-il pas l’occasion de poser des jalons pour un mouvement chrétien alternatif de plus grande ampleur, par exemple au niveau des pays francophones (France et pays voisins, Québec et autres communautés francophones d’Amérique du Nord, Afrique noire francophone), et qui soit plus affirmatif et plus visible avec des institutions et des lieux de décision qui lui soient propres ?

Un mouvement qui soit capable d'initiatives et pas seulement de se cantonner dans une réaction aux faits et gestes de la Hiérarchie, dans une attitude de ronchonneurs systématiques ce qui n'est guère attractif, dans une lutte perpétuelle du pot de terre contre le pot de fer qui ne laisse aucune illlusion sur l'issue. Un mouvement où les catholiques progressistes puissent retrouver la fierté de faire Eglise et la joie de célébrer en commun comme au premier temps du christianisme, au sein de communautés de base de leur choix qui suivent tout bonnement leur chemin sans plus se soucier de Rome et de ses évêques fonctionnaires et préfets.

Mgr Gaillot arrivant en limite d’âge, ne serait-ce pas l’occasion d’y élire son successeur, par exemple parmi les prêtres et théologiens qui ont été écartés par l’Eglise officielle ? Ou encore organiser un intérim pouvant durer le temps qu'il faudra avec un comité et un responsable. Un diocèse qui lui aussi pourrait adopter l’aire linguistique du français : un diocèse pour tous les catholiques alternatifs et francophones.

Des initiatives hardis doivent en tout cas être prises si les catholiques progressistes veulent éviter le rouleau compresseur mis en marche par leur Eglise officielle. Celle-ci dispose en effet de nombreux soutiens, a encore des vocations de prêtres très cléricaux et un bel avenir devant elle en ralliant autour d’un pôle conservateur tous ceux qui, non sans raison, ne suivent pas avec engouement les évolutions contemporaines dont certaines peuvent être légitimement critiquées.

Les unitariens sont en compagnonnage spirituel avec tous les libéraux des autres confessions, religions ou mouvements philosophiques. Ils apportent leur encouragement et leur solidarité  à cette mouvance catholique de type libéral qui est en pleine émergence. Les chrétiens unitariens sont d'ailleurs membres de la Fédération des réseaux des parvis.

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