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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 04:14

Le voile intégral est seulement la partie émergée de l'iceberg.  C'est en fait un communautarisme basé sur la charia qui se met tranquillement  en place en utilisant les lois sociales des pays européens.

 

Un cas parmi d'autres qui vient d'être révélé par le ministre de l'Intérieur en France : un Algérien, né à Alger, a acquis la nationalité française par mariage en 1999. Il vit avec 4 femmes, chacune touchant l'allocation de parent isolé (sic !) ... et portant le voile intégral. Le mari polygame appartient à la mouvance de la Tabligh (un mouvement piétiste et rigoriste originaire du Pakistan et bien implantée en France). A 34 ans, il a déjà 4 femmes (le chiffre maximum fixé par le Coran) et 12 enfants. C'est là une fort belle réussite en partie du moins au frais de la République !

 

En partie, car, en plus, il est propriétaire d'une boucherie-alimentation avec pignon sur rue à Rezé-les-Nantes (rive sud de la Loire, juste en face de Nantes) et dont on nous dit qu'elle est bien tenue, et puis - car tout fini par se savoir - il exerce comme exorciste à 70 euros la séance ! (source : le blog  d'une ancienne compagne qui en a gros sur le coeur pour les maltraitances qu'elle a subies avec son fils)

 

niqab_affaire_de_nantes.jpg

 

Comme la dame a écopé d'une amende au volant pour avoir conduit sans la visibilité requise, elle a porté plainte ... devant la télévision locale de TF1, avec un prénom d'emprunt "Anne" (elle est née à Nantes et sainte Anne est patronne de la ville !), ses 31 ans, et accompagnée de son mari, Liès Hebbadj, maintenant bien vu de la France entière ... et déjà connu par les services de renseignements britanniques qui le suivent à la trace dans ses déplacements internationaux.

 

Le maire de Nantes vient de confirmer ce jour que le cas était déjà connu des services administratifs :  " Selon les informations que j'ai pu obtenir, cette situation n'est pas connue que de la semaine dernière, elle est connue depuis plusieurs mois, voire plusieurs années de la part des services de l'Etat, de la justice et des services sociaux, notamment de la Caisse d'allocations familiales ", a-t-il dit sur France Info. Bravo aux services de l'Etat !

 

Bon, çà on s'en doutait ! Ce que l'on voudrait maintenant, c'est de connaître le nombre de cas afin que les Français sachent bien ce qui se passent réellement. Selon un reportage vu à la télévision française, entre 50 000 et 200 000 personnes vivraient dans des ménages de fait polygames (pour respecter la loi frannçaise, une seule des femmes est mariée officiellement, les autres sont mariées coutumièrement ou religieusement dans leur pays d'origine ou bien vivent en situation de concubinage "polygamique"). Les voisins de Liès Hebbadj connaissent deux maisons en location où ce dernier loge ses épouses. Espérons que cette "affaire de Nantes" permettra d'en savoir plus sur ce type de ménage au niveau sociologique et pas seulement juridique (car ces ménages savent très bien comment faire pour contourner le droit français).


Oui, allons-z-y-voir au dessous des voiles intégraux car il se passe bien des choses, entre midinettes récemment converties faisant du zèle religieux, jeune femme désirant se rattacher à un encadrement moral ultra-conservateur après une période relâchée, épouses d'un polygame aisé, militantes extrémistes passionaria des terroristes islamistes, etc.

 

Tariq Ramadan est venu au secours de son protégé : Liès Hebbadj est le président d'une association cultuelle musulmane qui milite pour la construction d'une grande mosquée (mais avec son profil, ne risque-t-il pas de plomber le projet, du moins auprès de l'opinion publique ?). Et les mosquées de Nantes ont publié un communiqué commun pour protester contre "l'islamisation de l'évènement", l'évènement étant limité pour elles à l'amende reçue par la femme encagoulée. Bref, le petit bout de la lorgnette et, encore une fois, le refus des autorités religieuses (islamiques et autres) de balayer devant leur porte lorsqu'il y a manifestement problème.


Et puis, certains qui se disent pourtant démocrates, laïcs, féministes et progressistes acceptent au nom de la liberté et du respect dû à l'islam cette polygamie de fait. Sans doute, pour eux, des mots et des valeurs à géométrie variable ... y compris la liberté. Des hommes politiques se sont empressés de bien vite couvrir le scandale en disant que c'est le Gouvernement qui va chercher des poux dans la tête des musulmans.  Ah bon ? de quels musulmans ? Pas en tout cas de ceux qui respectent les lois de notre pays et qui sont l'immense majorité !

 

Oui, nous sommes en plein scandale à la fois de la part des intégristes musulmans mais aussi de ceux qui, pour des raisons politiciennes et électoralistes, les couvrent. Cela s'appelle de la lâcheté et de la complicité.


Jean-Claude Barbier, chrétien unitarien

voir nos articles antérieurs en cliquant sur ce lien

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 09:17

le-voile-integral-en-france.jpg

 

Pour les uns, les chiffres sont dérisoires et ne justifieraient pas une loi. Mais quoi décider alors ? Le laisser-faire ?


Certains préconisent les conseils civiques et une patiente pédagogie … mais en toute ignorance du salafisme qui promeut ce genre d'accoutrement : les encagoulées sont pour la plupart jeunes, instruites, intelligentes, volontaires, et pour elles c’est du militantisme avec une dimension politico-religieuse anti-occidentale. Quel sort pour de braves discours éducatifs en face d’énergies bien trempées ? Faut être bien ignorants ou bien naïfs vis-à-vis des extrémistes religieux pour s'aventurer dans une telle campagne vertueuse.

 

Certains craignent de froisser les musulmans, de « culpabiliser », de « stigmatiser », mais là aussi il y a ignorance totale sur la marchandise : le Coran et les plus hautes instances de l’islam n’ont JAMAIS préconisé ce genre de voile. Pire, c’est une arme aux mains de salafistes dans leur lutte de pouvoir contre les Frères musulmans et les wahabites (qui eux préconisent le hijab, le voile qui laisse le visage visible comme la tenue traditionnelle de nos bonnes sœurs catholiques et orthodoxes). Certes, le réflexe communautariste joue et rares sont les musulmans qui, en public, font part de leur réprobation, mais en privé ils n’en pensent pas moins et désapprouvent ces excès qui se commettent sous couvert de leur religion.


Pour d’autres, puisque le Gouvernement s’est engagé sur cette question, il est de bon ton de prendre le contre pied ; ce qui s’appelle dans notre système politique de "foire d'empoigne", l’Opposition démocratique.


Le Conseil d’Etat a rappelé les libertés des personnes dans un sens on ne peut plus libéral du terme (chacun a le droit de s’habiller comme il l’entend !), sans toutefois traiter le cas du nudisme en public - mais dans l’optique ultra-libérale qui est la sienne çà devrait logiquement venir (allusion à l'un de nos articles antérieurs qui a connu un certain succès auprès des internautes , " êtes-vous pour la burqa ou pour le nudisme féminin ? " lien). Il s’est aligné sur le droit européen communautaire – mais en anticipant largement – car il n’y a pas encore eux de débat sur cette question au niveau des instances concernées. Or, la Belgique débat en ce moment dans le même sens que la France et bien d’autres opinions nationales ne sont pas du tout prêtes à accueillir à bras ouverts les femmes cagoulées qui se veulent porte-drapeau d’un islamisme militant. La votation suisse contre les minarets a été un signal d'alerte : la complaisance vis-à-vis des islamistes ne peut que se retourner contre les musulmans qui, eux, vivent leur religion dans la paix.


Mais surtout, le voile intégral va à l’encontre de nos valeurs modernes qui sont au fondement de notre société : le traitement discriminatoire de la partie féminine de la société qui doit être encagoulée, le refus de la personnalité de la femme dans les espaces publiques où elle est transformée en fantôme, le rejet de toute mixité sous le prétexte du regard concupiscent de l’homme, l’engagement de la femme dans une morale rigoriste des plus réactionnaires, la volonté d’une secte d’imposer une « vraie » religion, la notion d'une pureté sexuelle hautement culpabilisante pour ceux qui vivent leur sexualité hors mariage, le communautarisme des extrémistes religieux (les salafistes ne sont pas les seuls à pratiquer ce genre d’exercice ; les ultra-orthodoxes juifs à Jérusalem et ailleurs mènent aussi la danse), enfin la haine (le mot n’est pas trop fort pour qui connaît le milieu) du monde occidental. Nous ne sommes pas exhaustifs dans cette énumération, mais cela fait déjà beaucoup !

 

Il ne s'agit pas ici d'identité historique (1), mais assurément d'intégrisme religieux.

(1) aux Etats-Unis, les Amishs concervent un mode de vie rural du XVIIème siècle, style hollandais de leur pays d'origine, mais ils n'exercent pas de pression sur les autres pour promouvoir leur mode de vie.

 

Alors quel type de société voulons nous ? C’est le moment de le dire d’une façon claire et nette.

 

Jean-Claude Barbier, chrétien unitarien

voir nos articles antérieurs dans la rubrique "l'islam et le voile intégral"

 

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 14:22
"Dévoiler les raisons profondes, de mon initiative ...". Par une lettre circulaire du 15 février 2010, André Gerin, député du Rhône et inscrit au Parti communiste français (PCF) - lequel ne l'a guère soutenu en cette affaire ! - a dirigé une commission parlementaire qui a rendu dernièrement son rapport. Nous reproduisons volontiers ce qui est un témoignage d'homme politique, proche de ses électeurs et qui a les pieds sur terre.

andre gerinIl est des moments, et des circonstances, où il devient nécessaire, voire impérieux,  pour le parlementaire qui fait une proposition de loi, de développer les raisons essentielles qui ont motivé son initiative. Non pas seulement devant ses pairs, ce qui va de soi naturellement, mais aussi en direction de l’opinion publique. Tout particulièrement lorsque le projet de loi en question soulève un débat public, voire une clameur. Pour ne pas dire un tohu-bohu où se sont engouffrés, bien sûr, des milieux dont le fond de commerce repose sur l’exploitation éhontée des peurs irraisonnées et des instincts grégaires.

Je me devais de clarifier certains points obscurs sur cette affaire dite de la Burka, terme tout à fait inapproprié  en la circonstance, et qui  procède, par sa seule évocation, de cet amalgame que d’aucuns entretiennent et attisent allégrement, dans une sorte de danse de la guerre, gesticulations et hurlements en rab.

Il m’a paru nécessaire, sans entrer dans de le détail de toutes les approches, souvent complexes, qui ont été entreprises lors des travaux de la mission d’information, ou des débats parlementaires,  de livrer quelques unes de mes réflexions intimes sur ce grave sujet qu’est le port du voile intégral. Il est salutaire, parfois, pour l’opinion publique, qu’elle puisse discerner, et surtout comprendre, les motivations profondes qui sous tendent l’action législative. Pour que nul ne se  méprenne sur leur intention, ni ne les utilisent au gré de sa chapelle politique.

Je veux  dire d’emblée, comme je le ressens, et comme je l’ai toujours franchement exprimé, tout particulièrement à mes électeurs musulmans, qu’ils soient pratiquants ou non,  que le port du Nikab, et non la Burka qui est pratiquement inexistante dans notre pays, du moins pour le moment, est plus une provocation civique qu’un acte de foi.

Je ne prétends pas faire de l’exégèse, encore moins de l’exégèse de la religion musulmane, dont je ne connais pas les textes sacrés (Coran et hadiths), d’autant que mes propres convictions politiques sont aux antipodes de l’exploitation religieuse, sous quelque prétexte que ce soit, mais j’ai suffisamment appris de mes compatriotes, et de mes électeurs musulmans, que la foi et les pratiques du culte musulman reposent essentiellement sur la sincérité, sur l’intention profonde de se vouer à son Dieu, dans le respect d’autrui.

Or, le port du voile intégral, en plus de choquer une société fondée sur la laïcité et sur l’égalité des sexes,  en plus de ses autres valeurs intrinsèques, est totalement contre productif, y compris pour les considérations même qui le dictent. La personne qui le porte, pour éviter les regards « concupiscents » des hommes, pense-t-elle, obtient le résultat inverse, puisqu’elle devient l’objet des regards, souvent insistants, et parfois hostiles, de toutes les personnes qui l’entourent, ou qui la croisent, y compris parmi ses propres coreligionnaires.

Mais cette attitude ne m’intéresse pas en elle même, puisque l’exhibition, car c’en est une, excessive qui plus est, contrairement au but diamétralement recherché par le port du voile intégral, n’est pas notre souci. Il y a tellement de gens qui s’exhibent, de façon parfois outrancière, sans que cela ne devienne un phénomène de société. Le problème est ailleurs.

Et en premier, il se trouve dans la volonté, publiquement affichée, de ravaler la femme au rang d’objet sexuel,  que l’on voile de la tête aux pieds, et jusqu’au bout des doigts, pour la soustraire aux regards. C’est faire de la femme une non personne, sans visage, et parfois même sans regard, une ombre qui passe, un cercueil déambulant. La femme qui porte un voile intégral, dans nos sociétés, et qui est observée et ressentie au travers d’un prisme de rejet,  provoque un sentiment d’incompréhension, mais surtout de peur sourde. Sa présence sur la place publique, à fortiori si le phénomène se multiplie, fait craindre à la société une dégradation de son cadre de vie, et même une appropriation rampante de l’espace public, par des personnes masquées, non identifiables, porteuses d’une menace diffuse. A fortiori que le climat sécuritaire, dans toute la planète, n’est pas pour rassurer.

Certains, qui procèdent à des parallélismes douteux, ont suggéré que je serais mieux inspiré de parler de ces femmes, elles aussi objets sexuels, que la société de consommation effrénée ramène à leurs seuls atours sexuels, de ces publicités tapageuses et agressives, presque pornographiques, de femmes à demi nues, et parfois toutes nues, ou, à tout le moins, vêtues, ou plutôt dévêtues, de tenues tellement suggestives qu’elles en deviennent presque pornographiques. 

Je réponds à cela, de façon claire et nette, que ce commerce de la chair, cette exploitation grossière des plus bas instincts de l’homme, n’en insultent pas moins la dignité de la femme. Mais, aussi outrancier soit-il, ce commerce odieux du corps de la femme relève d’un tout autre phénomène, d’un autre débat, d’une posture mentale qui ne peut en aucun cas servir de contrechamp  pour justifier le port du voile intégral.

Les canons de la beauté et l’esthétisme, dans la perception occidentale, subliment le corps humain. Le corps nu, tel que nous pouvons l’admirer dans l’art hellénique,  dans celui de la Renaissance, et tout au long de l’histoire de l’art  dans nos contrées, ne choquait pas. Dieu lui même n’est-il pas représenté nu, par Michel Ange, sur les plafonds de la chapelle Sixtine ? C’est de ce terreau culturel et de cette perception de la beauté du corps humain qu’a surgi cette propension, malheureuse j’en conviens, de se servir du nu, ou du presque nu, pour vendre tout et n ‘importe quoi. Le marketing borné, qui se sert de tout et de tous, a des fins mercantilistes qui se mordent la queue, a réussi la gageure de dévier les archétypes des canons de la beauté en vulgaire et en obscène. C’est une perversion insidieuse et malheureuse du beau et du pur, mais ce n’est ni une volonté délibérée de déchoir la femme, ni encore moins une provocation civique.

Mon autre grief au port du voile intégral est né de la provocation, voire de l’utilisation d’un attribut vestimentaire à des fins inavouées, mais dont on connaît les tenants, et que nous sommes déterminés à dénoncer, avant que les aboutissants visés n'en deviennent irréversibles.

A ce sujet, avant de poursuivre  plus avant, pour lever toute équivoque, je veux affirmer, de façon claire, qu’à aucun moment, de façon consciente ou non, je n’ai été motivé par un quelconque ressort ethnocentrique. Je crois en la diversité. Je sais, pour avoir été un élu, et pour continuer de l’être, d’une circonscription à forte population « immigrée », comme on dit, que ce qu’il est convenu aujourd’hui de qualifier de communautarisme est une perception erronée, et tout à fait réductrice.

D’aucuns, sciemment ou non, qui brandissent ces « attitudes communautaires »  comme on agite un épouvantail, préconisent aux « populations immigrées », qu’ils ne cesseront jamais de considérer comme telles, alors que nous en sommes à la quatrième génération, de gommer leur mémoire identitaire, de se défaire de tout ce qui s’attache à leur identité, leur langue, leur religion, leurs traditions, voire même  leur patronymie.

Certains de ces compatriotes, conditionnés par un rejet systémique, j’allais dire biologique, ont succombé à cet ethnocentrisme ravageur, au point où Mohamed est devenu Momo, Fatiha s’est transformée en Faty, et Foudhil en Faudel. Pathétique mimétisme qui n’est à l’avantage de  personne. Encore moins de ceux qui y succombent.

Non ! Cette attitude d’intégration phagocytaire n’est pas mienne. Je me refuse à dénier à mes compatriotes venus d’ailleurs, et qui sont devenus Français à part entière, le droit d’être ce qu’ils sont profondément. Ils sont les derniers maillons d’une longue chaîne de vie. Ils portent en eux, qu’ils le veuillent ou non, que nous le voulions ou non, une mémoire vivante, des traditions séculaires, que nul ne peut leur dénier.

Roberto Alagna, ce merveilleux chanteur lyrique, bien que né en France, qui fait honneur à la France où qu’il se rende, et qui est tellement fier d’être Français, continue de chanter en italien, et même de parler dans la langue de ses lointains ancêtres, ce sicilien savoureux et chantonnant.

Est-ce que cela a choqué qui que ce soit ? Non, bien sûr. Cela fait même chaud au cœur. Pourquoi alors voudrait-on que Mohamed, Fatiha ou Foudhil s’intègrent en se désintégrant ? Je connais, dans ma circonscription, des personnes d’origine maghrébine, qui parlent un excellent français, qui sont naturellement bien élevés, travailleurs honnêtes, des citoyens modèles en somme, mais qui continuent à parler arabe, turc ou berbère chez eux, qui pratiquent leurs traditions, ou leur religion, de façon sereine et discrète, sans s’en cacher néanmoins, parce qu’
ils sont fiers de leur appartenance, tout autant que de leur citoyenneté française.

Il est absolument nécessaire de faire la différence entre le communautarisme positif, qui ne porte aucune aspiration à l’isolement, et l’enfermement communautaire qui procède, pour ce qui le concerne, d’une volonté délibérée de se couper non seulement de la société française, mais aussi, et surtout, de ses valeurs fondamentales.

Il faut laisser le temps au temps, pour que la cohésion et l’harmonie au sein de la société française se fasse en douceur, sans reniement et sans mimétisme réducteur. Il ne faut encourager ni l’intégration par la haine de soi, ni celle, rébarbative,  qui pousse au repli identitaire exacerbé.

Ce n’est donc pas cette attitude, négationniste par essence, qui a dicté mes préoccupations, et mon inquiétude, au sujet du voile intégral.

Mes appréhensions sont nées de préoccupations bien plus objectives.

Parce que le voile est un outil de prosélytisme politico-religieux qui fait une intrusion insidieuse dans un système politique républicain, et farouchement laïc, où la religion relève de  la sphère privée, et où elle ne doit pas manifester la moindre influence, notable et affirmée, sur la vie politique. Même si d’aucuns s’en servent, dangereusement, à des fins électoralistes.

Parce que le voile intégral, comme d’autres attributs vestimentaires du même genre, est en réalité un signe de ralliement, voire un uniforme, d’une propagande presque sectaire, puisqu’elle est nourrie par un courant de pensée minoritaire en Islam, puisqu’elle procède  d’une vision quasi apocalyptique, dont les slogans et les cris de guerre, qui se réclament du Djihad et du choc des civilisations, pourraient déclencher, si l’on y prend garde, des réactions épidermiques irraisonnées d’une société dont on attise savamment les peurs et le besoin de se prémunir de l’autre.

Cet « autre » qui n’a pas besoin d’en rajouter, puisque à l’intérieur de nos murs même, des fermentations d’un autre âge remontent lentement à la surface visible, inexorablement, des tréfonds de nos mentalités les plus rétrogrades, et les plus réactionnaires.

Le voile intégral, ajouté à tout et à n’importe quoi, à la mal vie dans les cités, au chômage endémique qui y règne,  à tous les comportements asociaux qui en sont les corollaires, et particulièrement à la délinquance d’une minorité qui rejaillit sur toute une communauté, est la fixation exacerbée et l’archétype d’un phénomène que nous devons dénoncer avec force, et sans faiblesse.

La dénonciation du voile intégral, et la mise en œuvre d’une législation qui le confine à la pratique privée, hors de la sphère publique, est la moindre des précautions que nous pouvons, et que nous devons  prendre. Dans l’intérêt même des musulmans français.

Car les premières victimes de ce qui n’est rien d’autre que de l’incivisme caractérisé sont les musulmans eux mêmes. A fortiori que les adeptes de ces pratiques sont ultra minoritaires. Une poignée de fanatiques, ou pire encore, des calculateurs dont on devine ce qui les meut, se sert de millions de musulmans qu’elle prend littéralement en otage.
En attirant l’attention de l’opinion publique sur ce phénomène, en le combattant sur le plan des idées autant que sur celui de la législation, en le portant tel qu’il est, et tel que nous le percevons, sur l’Agora et sur la place

publique, pour le discuter et le débusquer, nous affirmons notre volonté de préserver notre société, et les valeurs fraternelles qui y prévalent, et qui la fondent, d’un militantisme de mauvais aloi qui prône l’affrontement civilisationnel, de la même manière que son pendant chrétien d’une certaine Eglise évangélique déploie une propagande effrayante de combat final entre le Christ et l’antéchrist, dont les soldats, nous dit-on, sont les musulmans. Tous les musulmans ! Professions de foi qui prêteraient à rire, l’une et l’autre, si elles n’étaient tragiques.

Je voulais parler à cœur ouvert, et sans rien maquiller, ni de mes intentions, ni de mes convictions, des causes profondes qui m’ont amené à mettre ce sujet sur le tapis, si l’on peut dire.

Je voulais aussi me démarquer publiquement des uns et des autres, de ceux qui ont crié haro sur le baudet, et de ceux qui nous ont reproché de l’avoir évoqué,  de tous les extrémismes, de ceux qui exploitent les malheurs et les peurs en guise de fonds de commerce politique, et de ceux, laxistes par idéologie, qui croient qu’il suffit d’ignorer un problème pour qu’il se résorbe de lui même. Et qui ne se rendent pas compte que leur abdication se traduit par une détresse de la société qu’ils disent représenter, et qui finit par se sentir livrée à elle même,  à toutes les violations de son cadre de vie, de son identité profonde.

Mais je ne finirais pas sans vous livrer une observation que j’ai faite, il y a quelques années,  qui éclaire d’un jour nouveau ce phénomène du voile intégral, et des considérations qui l’entourent.

En Algérie, dans tout l’Est du pays, et tout particulièrement dans toutes les villes et villages  de ce pays, comme Constantine, Annaba, Sétif, Batna, et d’autres encore, presque toutes les femmes de cette région portaient, jusque dans la fin des années 70, un voile intégral qui ressemble à ce Nikab que nous dénonçons aujourd’hui. Ce voile, tout noir, et qui drape tout le corps, est fait d’une seule pièce d’étoffe noire. Il s’appelle la « M’laya ». Il ne laisse rien transparaître du corps, hormis les yeux, et le visage est masqué par un voile blanc. Le port de la  « M’laya », contrairement à ce qui semblerait, n’était pas dicté par des considérations religieuses. Mais il faisait partie des us et coutumes du pays.

En fait, après l’assassinat de Salah Bey, gouverneur de Constantine, au 18eme siècle,  sur ordre du Dey d’Alger, la population de cette province, au sein de laquelle ce prince était très aimé, a porté massivement le deuil pour lui. Un geste hautement politique, pour signifier son opposition à l’occupation turque. Parce que Salah Bey, contrairement aux autres beys dans d’autres provinces, et au Dey lui même, n’était pas Turc, mais Koulougli  (Métis de Turc et de Maure) Ce deuil, affiché ostensiblement par toute la population féminine de Constantine, se répandit dans tout l’Est algérien, et persista jusqu’à nos jours. Aujourd’hui, la « M’laya » a été éclipsée par le Hidjab moyen oriental, importé dans le pays par les salafistes algériens.
Or, dans les années 60, et surtout 70, à la faveur des lois Giscard sur le regroupement familial, les immigrants algériens, qui vivaient en célibataires, dans notre pays, dans leur  écrasante majorité, commencèrent progressivement à faire venir leurs familles. Leur vie se trouvait désormais en France.

Ils commencèrent à opter pour la nationalité française, et, phénomène intéressant, ils cessèrent de faire construire des maisons dans leur pays d’origine. Ils devenaient français à part entière, et n’envisageaient plus de retourner en Algérie autrement qu’en touristes.

Mais, et c’est là où je voulais venir, parmi les centaines de milliers de femmes algériennes qui vinrent rejoindre leurs époux, pas une seule, oui, oui, je dis bien pas une seule d’entre elles, ne porta en France la M’laya qu’elle avait toujours porté dans son pays d’origine.

Ces femmes, qui avaient toujours porté ce voile intégral, qu’on ne pouvait pas imaginer en train de déambuler à visage découvert, en Algérie, avaient toutes, dans une sorte de consensus non dit, tout naturellement, et sans que quiconque le leur demande, décidé de ne pas porter la « M’laya » en France !
C’est tout simplement remarquable. Digne de servir à une thèse de doctorat en sociologie.

Très étonné par cette attitude tacite et collective de civisme, par cette touchante discrétion, par ce geste d’intégration librement consenti, j’ai voulu comprendre. J’ai posé la question à l’un de mes électeurs, à Vénissieux. Originaire de Sétif, l’épouse de ce Monsieur portait la M’laya avant de venir en France. Sa réponse, émouvante et pleine de bon sens m’a conforté dans l’opinion que j’ai de l’âme araboberbere de nos concitoyens maghrébins, toute empreinte de délicatesse et d’altruisme. Je ne saurais pas la rendre fidèlement, même en substance, mais j’en retins une partie, qui s’est gravée dans ma mémoire : « Vous savez, Monsieur Gérin, quand une personne honorable vous invite à partager sa maison, le moins que vous puissiez faire, c’est de respecter son mode de vie. ». A méditer !

Et à mettre au crédit de cette admirable communauté, dont on ne retient que les excès de certains excentriques parmi elle, qu’on fustige sans raison, et qu’on désigne en bouc émissaire de toutes nos démissions. Y compris celles qui lui occasionnent des torts con
sidérables. Et la démission face au  voile intégral  en est une !


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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 19:45
Au moins, on peut être rassuré que, dans ce cas là, cette cage de tissu pour femme n'est point une cage à barbu déguisé pour torpiller nos belles boîtes de nuit. Ouf ! Le flamenco est donc la solution pour faire la différence ... Voyez plutôt :

burka_flamenco.jpg
ajout du 18 janvier 2010 : selon une dépêche de l'AP, 57% des Français seraient favorables à l'interdiction du voile islamique intégral

D'après ce sondage, 30% des sondés s'y disent "tout à fait" favorables et 27% "plutôt" favorables. Les sondés proches du MoDem y sont favorables à 75% devant les sympathisants du Front national (74%) et de l'UMP (69%).


A l'inverse, 37% des Français sont opposés à une loi interdisant le niqab ou voile intégral, (22%, plutôt opposés et 15% tout à fait opposés). Les sympathisants de la gauche y sont davantage opposés (48%) , dont ceux du PS (42%).


Sondage réalisé par l'institut Ipsos les 15 et 16 janvier 2010 auprès d'un échantillon de 960 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 17:16
Selon des rapports de police publiés à l'automne 2009, le port du voile intégral concernerait 1.900 femmes en France (Agence Reuters du 13 janvier 2010). Goutte d'eau dans l'océan pour les uns (un petit chiffre !), un tsunami pour les autres (déjà un trop gros chiffre !), la partie émergée d'un iceberg (le travail de sape de notre société assoupie par les mouvements islamistes purs et durs), seulement quelques midinettes en chaleur militante (pour d'autres), etc. Il paraît que les Français ont des problèmes d’identité nationale, mais assurément, ils ont des problèmes de vue car ils ne voient pas la même chose !

On pourrait faire appel aux psy avec leur batterie de tests. Par exemple, remplacer une burqa par un uniforme de nazillon afin de voir si l’observateur réagit de la même façon face à un fascisme « d’Extrême Droite » qui proclame la supériorité d’une race (par rapport à un fascisme « vert » qui, lui, proclame la supériorité d’une religion). Ou encore remplacer la burka par une tenue du Klu-klux-klan (on reste dans le politico-religieux). Ou encore avec les masques du carnaval de Venise (pour voir si la personne n’est pas atteinte de myopie et reconnaît bien la différence pour mieux la faire). Ou encore avec une robe de mariée afin de vérifier, non seulement la radicalité entre le noir et le blanc, mais surtout entre une tenue somme toute exceptionnelle et un habit de la vie courante.

burka-aux-yeux-de-gazelle.gifBurqa Minnie

Ou encore avec la burqa avec un noeud papillon de couleur rose bonbon afin de voir si notre testé note la différence entre un uniforme de milice et un vêtement en voie de personnalisation. Ou encore cette belle photo d’une femme voilée pour enregistrer les pulsions sexuelles du même testé face aux charmes féminins et voir s’il apprécie les défilés de mode, ou bien s’il en reste tout bonnement aux cohortes de chemises noires, brunes, rouges ou vertes.

Ensuite, il faudra nous faire passer des tests sous forme de jeu de rôle. Comment par exemple aborder dans la rue une femme en burqa afin de lui expliquer si possible tout gentiment, car il ne faudrait surtout pas qu’elle prenne cela pour de la discrimination, que ce n’est pas bien du tout de porter cet accoutrement dans nos espaces citoyens ! Et quid de nos policiers qui seront accusés vite fait bien fait de soulever sans vergogne les voiles pour vérifier ce qu'il y a en dessous ! Eh oui, voilà que la burqa fait danser nos Français d’un pied sur l’autre et les transforme en grands timides : seraient-ils donc impressionnés par les cagoules noires ?

Pauvres automobilistes avec qui on prend moins de gants pour les verbaliser et pour qui on juge qu'une réglementation publique est absolument nécessaire et que les recommandations ne suffisent pas  !

Et puis, comme de fins limiers, il nous faudra apprendre (le plus tôt possible sera le mieux) à repérer les braves bonnes sœurs de l’islam, toutes confites en religion mais non violentes, afin de ne pas les confondre avec les complices des mafias, de l’ETA basque et d’al-Qaïda toujours à l’affût d’une combine d’avance, assurément en longueur d’avance dans les progrès technologiques et sachant fort bien s'engouffrer dans la moindre faille de nos sociétés libérales.

Certes, on peut faire de grandes déclarations comme quoi la burqa ce n’est pas bien au regard des valeurs universelles en général et françaises en particulier ; ce qui nous donnera bien bonne conscience mais ne fera ni chaud ni froid aux militantes de l’islam intégriste, mais ensuite ?

Bon, il paraît qu’aux dernières nouvelles on va en faire une pour plaire aux timides et aux myopes, pour ne pas les brusquer. C’est la démocratie à pas de tortue, ou bien encore la démocratie des autruches qui, paraît-il, aiment tant se mettre la tête dans le sable afin de ne pas voir les dangers qui pointent à l'horizon et reporter les problèmes pour mieux sauter ... Comme quoi certains n’ont pas encore compris ce dont sont capables les fanatismes religieux !
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 05:39

Se dire personnellement par les vêtements est devenu un droit moderne, mais les poupées barbies nous proposent une panoplie codifiée qui renvoie à des modes en vogue (ce qui reste sympathique en dépit des excès ridicules), à des imitations de stars célèbres ou encore à des uniformes ; bref à des tenues qui sont à l’opposé des choix personnalisés puisqu’il y a, dans ce cas, imitation, copie conforme, clonage.

Paradoxalement, au nom de la liberté de choisir ses vêtements, certaines jeunes européennes nouvellement converties à l’islam s’engouffrent sous les uniformes féminins de l’islamisme ! Il y avait déjà les bonnes sœurs catholiques dont la silhouette nous est familière et bien acceptée ; il y aura désormais aussi les bonnes sœurs de l’islamisme, les crânes rasées des bonzesses à la robe safran, etc.

Question d’exotisme ? Question de culture ? Absolument pas car il ne s’agit nullement ici de vêtements ethniques ou de parures traditionnelles (qui, elles, donnent au contraire dans la gaieté, dans la joie de l’exhibition, dans le relationnel), mais bel et bien de mouvements militants. Le voile ancien qui existait dans les civilisations orientales était un mouchoir de tête pour couvrir les cheveux et pas du tout un uniforme ne laissant montrer que le visage, encore moins des cagoules ! Ce sont là des uniformes promus par des mouvements religieux prosélytes qui veulent ainsi témoigner de leur emprise et de leur succès populaire.

Ceci correspond, sur le plan politique, aux chemises brunes ou noires du fascisme, à la tenue Mao, à la casquette du Che, etc.

Les uniformes d’une société civile désigne des fonctions de service : le personnel médical en blouse blanche, les policiers, les pompiers, les militaires, les élèves d'un établissement scolaire, etc. ; mais là, il s’agit d’uniformes militants porteurs d’une idéologie ; ils témoignent d’un encadrement par un mouvement, ils s’offrent aux gens qui veulent se dire plus engagés, plus croyants, plus fidèles aux préceptes religieux, bref une élite à bon frais car ne reposant pas sur les études et le savoir ou une formation quelconque.

C’est vrai que pour une jeune convertie à l’islam, le port d’un voile intégral la propulse au devant d’une brave assemblée de fidèles pourtant plus anciens qu’elle dans la pratique religieuse. D’emblée, la voilà parmi les saintes, les zélées, les martyrs de Dieu prêtes à tous les sacrifices. Bien joué les gamines (ou jeunes femmes) ! La nique à la génération précédante !

Le catholicisme a eu aussi, en son temps, ses grenouilles de bénitier qui en faisaient plus que les autres ... Elles aussi, elles étaient souvent jeunes, belles et enthousiastes.



Mais voilà, il paraît que les Français ne sont pas trop contents de voir les femmes cagoulées déambuler dans leurs rues. Ils sentent comme une arnaque manipulées en sourdine dans nos banlieues par les intégristes de l’islam. Ils n’apprécient pas trop les signes ostentatoires qui leur font penser aux guerres de religion (eh oui, ils ont connus çà !). Et puis ils ne sont pas habitués, mais alors vraiment pas, à la pudibonderie et au puritanisme religieux.

N’sont pas fous les Français ! avec leur laïcité à la française, ils savent bien qu’il faut s’méfier des religieux ! Z’ont pt’être pas tort, surtout quand ils n'connaissent pas trop !

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 10:26

Position de l'Observatoire chrétien de la laïcité (OCL) sur le voile intégral prise le vendredi 11 septembre 09. Cet observatoire réunit plusieurs associations au sein de la Fédération des réseaux des parvis, sans toutefois engager cette fédération elle-même en tant que telle.

1°)
Certes on ne peut pas interdire dans la société civile (indépendamment de ce que dit la Loi dans le cadre de l’Ecole et des fonctionnaires des services publics) des vêtements ou autres symboles d’appartenance religieuse (comme par exemple des soutanes, des cols romains, ou le port de croix, médailles et autres symboles religieux sous forme de bijou ou de "badges") qui relèvent du libre choix de l'expression des opinions et convictions des citoyennes et des citoyens dans les limites du respect de l'ordre public et du respect des libertés d'autrui.

2°) Il n'est pas question d’imposer - même sous une forme d'interdit - un "uniforme-citoyen" ce qui serait bien évidemment une autre forme d’identification idéologique ... dans le cadre de ce que Hannah Arendt appelle la laïcité totalitaire. Sur ce point les analyses de Catherine Kintzler concernant le simple voile ou fichu semblent convaincantes.

Mais à l’évidence le port du voile intégral rend impossible la reconnaissance de l’identité d’une personne (comme celle d'une mère allant chercher ses enfants à l’école, ou d'une personne se présentant à des contrôles, des guichets de services publics, des contrôles dans les transports publics et autres lieux semblables). Quel professeur ou quel médecin sérieux accepterait de ne pas voir le visage d'un élève ou d'un patient ? Comment peut-on déclarer mariés dans une mairie un couple dont la moitié n'est pas identifiable car elle se dissimule sous un voile ?

Le voile intégral interdit l'identification dans un certain nombre d'actes de la vie civile où cette identification est exigée puisque l'identification est rendue impossible par la dissimulation du visage. Si les droits des citoyens doivent être les mêmes pour tous, il en est de même pour les devoirs !


3°) Il y a aussi l’argument de la sécurité qui n’est pas à exclure ( il est vrai qu’un porteur de bombe s’est déjà dissimulé ailleurs qu’en France sous ce genre de vêtement). Mais sans en faire le motif principal d’une décision - car une approche trop sécuritaire risque d'être très réductrice et peut être susciter une méfiance supplémentaire à l'égard de l'islam.

 
Il faut donc vérifier que la Loi est précise, claire et complète pour tous ces types de cas -décrits ci dessus- et qu'elle interdit absolument le port du voile intégral dés lors que la reconnaissance de l'identité est exigible. Au cas où un doute subsisterait dans le cadre de la législation actuelle et au cas où la Loi ne pourrait être invoquée pour exiger la " levée du voile ", il faut que la législation soit complétée au moins dans ce domaine.

4°) Plus fondamentalement pour que la société soit possible, il faut affirmer qu’en toutes circonstances et en tout lieu public chacun doit pouvoir entrer en relation avec un VISAGE HUMAIN et non pas avec des personnes complètement occultées. Sans ce lien corporel minimum (qui n’interdit pas des cheveux couverts par un fichu ou un simple voile), il n’y a plus de relation sociale possible. Comment, simple interlocuteur, échanger avec un personnage fantomatique ? Comment interpeler ou entendre une forme sans visage ?

De plus nous avons la conviction - qui est sans doute partagée par une grande majorité de citoyens de toute conviction, y compris bien entendu musulmane, que le voile intégral est le symbole (et la réalité) d’une aliénation grave de la femme dans ce qui fait l’intégrité de son être à la fois corporel, spirituel ... et relationnel ! Bref une atteinte à sa personne.

Certes il convient de savoir en même temps que des femmes portant ce voile intégral affirment le faire en toute liberté voire "se sentir" plus libres sous cette "protection" du regard des hommes. Elles disent que leur interdire cette protection "voulue par Dieu" serait contraire aux droits humains ...

Ces croyances même si elles sont sincères ou non imposées se heurtent à la conception des rapports sociaux entre femmes et hommes dans le cadre du respect des droits humains. Un choix éclairé s'impose donc.

On ne saurait écarter la nécessité pour le législateur d'une analyse de ce qu'est la personne humaine et des droits qu'elle a. On ne saurait récuser a priori le droit d'une personne à vivre selon ce qu'elle considère sincèrement comme lié nécessairement à l'expression de sa croyance religieuse.

Cependant on conviendra que, juridiquement, la liberté sans limite ne peut être accordée purement et simplement car elle peut causer de graves dégâts humains. On le comprend assez facilement quand il s’agit de réalités comme la polygamie, l’excision des petites filles, le refus de la transfusion sanguine pour leurs enfants par les témoins de Jéhovah, l’enfermement "éducatif" des enfants dans une secte, etc. Or le voile intégral a, de fait, là où il est imposé (par exemple dans des Etats ou des lieux où le pouvoir est tenu par des islamistes totalitaires) une signification d’extrême mépris pour les femmes, et fait référence à une idéologie qui implique l'infériorisation des femmes par rapport aux hommes, même si, en certains cas, les victimes de cette idéologie ne s’en rendent pas compte. De tels comportements ne risquent ils pas de jeter l'opprobre sur l'ensemble des musulmans et de provoquer une fracture au sein de la société ?


Une Loi interdisant le port du voile intégral dans le domaine public peut donc être envisagée dans la mesure où le port du voile intégral est objectivement une forme de rupture du lien social, en général notamment sous l'angle de l'égalité des hommes et des femmes.


Conséquence importante
: Il nous semble très clair et indispensable qu'en tout état de cause la protection par la justice, la police et toute autre médiation sociale, des femmes qui refusent le voile intégral (et tout autre sorte de vêtement ou signe corporel) alors que la pression familiale ou communautariste contraindraient à le porter, doit être très clairement affirmée dans le texte de la Loi ou tout autre texte adopté après la consultation parlementaire.


5°) Enfin nous notons que la question de la tolérance ou l'interdiction du voile intégral n’est pas principalement une question de laïcité. 
Néanmoins elle en relève dans la mesure où juridiquement la laïcité affirme l’antériorité de la loi démocratiquement élaborée et votée sur les "lois" religieuses - ou prétendues telles- dés lors que des citoyens, en l’occurrence des citoyennes, sont menacés de violence ou que les relations sociales sont menacées de déstructurations déshumanisantes. Cela ne donne pas de critère absolu mais demande pratiquement des analyses rationnelles critiques et des débat sérieux.

En effet ce n'est pas parce qu'une règle est édictée dans un contexte religieux qu'elle n'a pas de valeur humaniste et donc universelle ou universalisable mais il convient d'établir ce qu'il en est par un dialogue ouvert et rigoureux à la fois. Sur le plan religieux tout semble d 'ailleurs indiquer que la grande majorité des musulmans ne considère absolument pas comme une obligation religieuse ou spirituelle le port du voile intégral et même le condamnent.

On doit donc se demander si le port du voile intégral est un risque ou non de violence aux personnes et/ou de rupture des bases mêmes du lien social démocratique.

 
C'est bien sur ce terrain que notre réflexion s'est portée.

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 14:08

Le discours est archaïque, moyen âgeux, à l’époque ou, au contraire, l’éducation sexuelle consiste à préparer les jeunes à des relations positives. Ici, c’est le mari qui, au dernier moment, procèdera à l’initiation de sa femme.


A lire sur le siteTrue Salaf, cet hymne édifiant à la chasteté " O femme Musulmane ! Toi qui est chaste et pure ! " ; et puis aussi cette réponse aux interrogations françaises :

Chère sœur musulmane ! Le voile n’a d’autre fonction que de te préserver et de te protéger des regards empoisonnés venant des cœurs malades et des chiens humains. Il t’est un rempart aux appétits féroces. Tu dois t’y attacher, et ne pas te tourner vers ces revendications pour le moins tendancieuses dont les aspirations sont de combattre le voile en cherchant à le dénigrer. Leurs partisans ne te veulent aucun bien comme le Seigneur le révèle : "
Ceux qui suivent leurs passions voudraient profondément que vous succombiez "
. (4 : 27)  [ndlr : nous avons mis en gras les qualificatifs]

Fichtre !


Et voici des livres conseillés aux femmes musulmanes, dont l'un est préfacé par le fondateur du salafisme, le cheikh Muqbil. De quoi émouvoir non seulement les féministes, mais aussi les parents soucieux de l'épanouissement de leurs enfants et les éducateurs professionnels.

 

ajout du mercredi 29 juillet 2009

Le site du journal Elle se fait l'écho d'un premier dénombrement des femmes portant la burqa ou le niqab, à savoir le voile intégral : 367. Dans leur très grande majorité, elles sont jeunes, âgées de moins de 30 ans et, pour un quart d'entre elles, ce sont des Françaises. Est-ce là un signe de ce siècle qui sera "religieux" selon des propos qui ont été prêtés à André Malraux ? 


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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 09:27
Député du Rhône, ex maire de Vénissieux en banlieue lyonnaise, André Gerin a l'habitude d'un langage direct. Il a constaté, comme bien d'autres maires, que les burqa se multipliaient. Suite à un manifeste de sa part et aux encouragements de la présidence de la République française exprimés publiquement à l'occasion de notre fête nationale du 14 juillet, il s'est vu confier la direction d'une commission parlementaire. La Correspondance unitarienne lui a fait part de son soutien. Nous avons reçu de lui une lettre circulaire du 23 juillet 09.

Votre courrier m’est bien parvenu, je vous remercie pour vos encouragements.

Comme vous le savez, le président de l’Assemblée nationale a décidé de créer une mission parlementaire pour examiner les problèmes que pose le port du voile intégral. Cette commission comprend 17 députés UMP, 11socialistes, 2 Nouveau centre, 2 Gauche démocrate et républicaine. J’en suis le président. La commission dispose de six mois pour mener ses investigations et produire ses conclusions.

ceci est un montage photographique ; les salafistes oeuvrant en coulisses, il n'y aura jamais de manifestation pro-burqa à Paris !

Avec cette mission parlementaire, je souhaite faire un état des lieux à propos de la pratique de ce que j’appelle une prison de tissu. La dérive de la société française continue avec le refus de retirer le masque que ces femmes portent lors des cérémonies de mariage, lors de démarches administratives, le refus d’être examiner par un médecin homme, pour ne citer que quelques exemples. Aujourd’hui, il faut dire stop.

Il s’agit de répondre au malaise qui existe dans la société française, y compris parmi la majorité des musulmans. Le voile intégral n’est que la partie émergée de l’iceberg. C’est un iceberg recouvert de la marée noire des fondamentalistes dans les cités.

Oui, nous devons combattre la crise économique et sociale, mais aussi la paupérisation culturelle et spirituelle. Lorsque je vois dans certains quartiers, les mafieux, les trafiquants de drogue, les intégristes qui pourrissent la vie de nos gamins, que la loi du communautarisme prévaut sur certains territoires, je dis stop. Il faut que quelque chose se passe.

C’est l’identité culturelle de la France qui est menacée. Avec la crise économique, il y a une crise de civilisation qui met en cause le principe de rationalité du siècle des Lumières. La France est la France lorsqu’elle est capable de faire revivre ses valeurs universelles.

Nous devons nous décomplexer vis-à-vis de l’islam. Oui, il faut tendre la main à ceux qui veulent un islam tolérant et des Lumières, mais il faut faire reculer l’emprise des fondamentalistes et des intégristes. Il faut soutenir les musulmans modérés, pour qu’ils prennent enfin la parole et permettre à cette majorité silencieuse de sortir de leur silence et d’être sur le devant de la scène.

Pour résumer mes propos d’aujourd’hui, c’est un appel au courage civique, à un sursaut républicain qu’attendent notre peuple et l’immense majorité des musulmans.

Je vous prie d’agréer, Madame, Mademoiselle, Monsieur, l’expression de mes salutations les meilleures. A
ndré GERIN

Vous pouvez également suivre les travaux de cette mission soit sur mon site 
, soit sur celui de l’Assemblée nationale, lien
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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 06:37
La Salafia est un mouvement rigoriste et piétiste apparu au Yémen vers 1980 à l'initiative d'un dévôt qui n'a pas fait d'études théologiques, le cheikh Abû 'Abd al-Rah'maân Muqbil b. Hâdî al-Wâdi'î (en raccourci, cheikh Muqbil). Né en Arabie saoudite, ce dernier est mort le 21 juillet 2001.

Sa "grande" idée est celle d'un fondamentalisme total : il faut revenir aux seuls enseignements du Prophète et de ses compagnons (les "salafs"). Exit donc les écoles juridiques de l'islam, la jurisprudence des sages, les divers mouvements ... et bien entendu le soufisme. Il fallait y penser : c'est clair et c'est net comme l'oeuf de Christophe Collomb. Plus musulman, je meurs ! Plus extrémistes que les autres radicaux : la nique aux autres mouvements comme les Frères musulmans ... Rendez-vous aux toutes premières années de l'islam.

Cela renvoie aux oubliettes tout ce que les musulmans ont pu faire durant des siècles, à commencer par la brillante civilisation que fut l'islam.

Si on en reste là, il s'agit d'une question purement interne à une religion, du même type que les mouvements chrétiens biblicistes qui ne jurent que par la Bible. MAIS, et c'est là que cette idéologie dérape, celle-ci est violemment sectaire renvoyant les autres musulmans à leur supposée ignorance et bien entendu condamnant les affreux Occidentaux qui sont en train de polluer l'islam par leurs néfastes influences. Tous sont "impurs" au nom de ce fondamentalisme simpliste et exacerbé.

Sectaire et xénophobe, cet enseignement rigoriste ne fait pas en principe de politique, mais il conduit inévitablement de nombreux jeunes aux camps d'entraînement djihadistes et les jeunes femmes qu'ils convertissent au port de la burqa. En tout cas, pour eux, le "pur" musulman ne doit pas se souiller avec les autres.

Point d'adapatation ni d'intégration, mais un communautarisme total en terre étrangère.

C'est suite à cet enseignement, et non seulement par simple piété personnelle, que de jeunes femmes se mettent à porter le voile intégral (et non plus seulement le voile des wahabites qui, lui, laisse au moins le visage découvert). Bizarrement, ce genre d'accoutrement pululle aux abords des mosquées où sévissent des prêcheurs salafistes ...

Et pour ceux qui ne sont pas ou plus habitués au vocabulaire des religieux, il leur faut savoir que la notion d'impureté hiérarchise radicalement le genre humain et renvoie les "impurs" dans une sous-humanité : ainsi la caste des "intouchables" en Inde, les races inférieures du nazisme, etc. 

le Marocain Mohamed Fizazi impliqué dans les attentats de Casablanca.

Pour les salafistes, un musulman qui s'occidentalise, qui se laïcise, sort manifestement du chemin de Dieu. Dès lors, il ne vaut guère mieux (aux yeux de Dieu, à leurs yeux) qu'un vulgaire poulet.

Il ne s'agit donc plus d'un mouvement seulement puritain ou de pudibonderie, mais bel et bien d'une vision de la société avec d'un côté les "purs" (eux bien sûr) et de l'autre côté "les impurs" qu'il ne faut pas fréquenter - à moins qu'ils ne se convertissent ...

Dans les passages aux actes (par exemple dans les pays maghrébins), les musulmans sont les toutes premières victimes des terroristes influencés par cette doctrine absolutiste. Le cheikh, dans son testament, nous dit le sociologue et politologue François Burgat, se montra plus soucieux de lutter contre les autres musulmans que contre les incroyants !

Dans son testament, Muqbil, qui fait part de sa crainte d'être assassiné à tout moment par ses adversaires [ndlr : il est toutefois mort naturellement], énonce tout d'abord une conviction relativement radicale : le combat qu'il mène contre les ahl al-bdi'a c'est à dire, pour ne point les nommer, toutes les familles musulmanes autres que la sienne (Frères musulmans, soufis, zaydis, tablîghis, jihâdis et takfîrîs) est plus importante à ses yeux que le combat contre les incroyants. ("Les Salafis au Yémen ou ... la modernisation malgré tout" par François Burgat et Muhammad Sbitli, dans Chroniques yéménites 2002, note 1).

Jusqu'à quand tolérerons-nous l'agissement de tels mouvements sous couvert de religion ou de "liberté de conscience" ... lesquelles ont vraiment, vraiment, bon dos  ?

Lu sur un site salafiste :

Dire que la Salafia est un mouvement ou un parti (Hizb) [est une erreur]. Il doit être clair que le Manhaj as Salafi n’est ni plus ni moins que : l’Islam. C’est le véritable Islam avec tous ses enseignements et tout ce que cela implique. Toute personne qui parle de cela sans en faire partie, c’est comme s’il parlait de l’Islam sans en faire partie ! Car c’est l’enseignement du Coran et de la Sounnah authentique à la lumière de la compréhension et de la pratique des Salafs : un mouvement sous-entend quelque chose de temporaire ou bien réactionnaire, alors que le Manhaj as Salafi est seulement le chemin véritable, constant et béni de tous les prophètes. 

ndlr : à bon entendeur, salut.
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