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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 10:40

Les unitariens du monde entier sont largement acquis aux vertus du pacifisme, mais lorsque les Romains affirmaient qu'il faut préparer la guerre pour éviter de devoir la faire c'était AUSSI faire preuve de réalisme. La tension est permanente entre la diplomatie pour résoudre les conflits, mais jusqu'où ? Jusqu'à Munich ? Car en face, un voisin calculateur et non moins diplomate peut préparer une invasion de type impérialiste. Nous l'avons vu au XXème siècle avec le nazisme italien (invasion de type colonial de l'Ethiopie) et hitlérien (à commencer par l'invasion des pays voisins ayant des minorités allemandes), puis avec le communisme stalinien (mise en tutelle de l'Europe de l'Est) ou chinois (invasion du Tibet), et aujourd'hui avec le califat autoproclamé de l'Etat islamique du Liban et de l'Irak (EIIL). Certes il vaut mieux la paix que la guerre - tout le monde en convient - mais bêler la paix d'une façon inconditionnelle, c'est être totalement aveugle face aux dangers qui nous menacent. L'unitarisme et autres mouvements religieux se ridiculisent en proclamant des confessions de foi comme quoi il nous faut baisser les armes d'une façon inconditionnelle (le pacifisme absolu) que ce soit vis-à-vis des criminels, des entreprises subversives anti-démocratiques et des impérialismes extérieurs.

Dans cette optique nous reproduisons ici l'allocution de Jacques Myard, député français et maire de Maisons-Laffite faite le 11 novembre 2014, anniversaire de l'armistice entre Alliés et Allemands, qui mit fin aux hostilités de la longue guerre de 14-18. En citant de nombreux auteurs, elle est une méditation sur la paix et la défense nationale.

Il faudrait ajouter le souhait que l'ONU devienne suffisamment opérationnelle pour imposer une paix internationale, mais nous savons que le chemin est encore long car certaines nations qui ont droit de véto au sein de cet organisme agissent encore selon des intérêts strisctement nationalistes sans référence aux valeurs universelles qui fondent la civilisation moderne.

Jean-Claude Barbier, chrétien unitarien, Bordeaux

illustration : les anneaux de la mémoire citant tous les noms des soldats de toutes les nationalités tombés durant la guerre 14-18 sur les champs de bataille du Pas-de-Calais au nord de la France (soit 580000 au total). Monument commémoratif inauguré le 11 novembre 2014 par F. Hollande, président de la France.


guerre_14-18_anneau_de_la_memoire.jpgUn Français témoigne, « Un bruit diabolique nous entoure. On a l’impression inouïe d’un accroissement continu, d’une multiplication incessante de la fureur universelle. Une tempête de battements rauques et sourds, de clameurs furibondes, de cris perçants de bêtes s’acharnent sur la terre toute couverte de loques de fumée, et où nous sommes enterrés jusqu’au cou, et que le vent des obus semble pousser et faire tanguer. » (Henri Barbusse, Le Feu)
Un Allemand, comme en écho, témoigne à son tour, « Un nouveau sifflement retentit haut en l’air : chacun sentit, la gorge serrée : celui-là, c’est pour nous. Puis un fracas énorme, assourdissant, l’obus s’était abattu juste au milieu de nous. Les blessés poussaient leurs cris affreux.Quelques-uns se trainèrent vers moi sur le ventre... « Mon Lieutenant ! Mon Lieutenant ! Jasinski, l’un des bleus que je préférais, à qui un éclat avait fracassé la cuisse, se cramponnait à mes jambes. Maudissant mon impuissance à porter secours, je lui tapais sur l’épaule, désemparé. De tels moments se gravent en nous » (Ernst Jünger, Orages d’Acier).
Ils sont partis au temps des moissons sous le soleil d’août. « Une après-midi brûlante d’août, les rues du village quasi désertes. Soudain, un roulement de tambour : l’appariteur « le Commissaire » annonce la Mobilisation Générale. Cette annonce souleva plus d’enthousiasme que de désolation. » (Louis Barthas Tonnelier). Ils sont partis, sûrs de la victoire. Ils sont partis, certains de revenir avant les vendanges. Mais les vendages furent sanglantes. Ils n’ont pas cru à la guerre car à chaque crise, la diplomatie l’avait emporté comme à Agadir en 1911 quand l’Allemagne reconnaît le protectorat français sur le Maroc en contrepartie du bassin de la Sangha au Congo. Mais les incidents avec l’Allemagne se multiplient, à Lunéville, à Nancy en avril 1913.
Ils n’ont pas cru à la guerre et sont aux courses le 28 juin. C’est à Longchamp, pour le Grand Prix, que le Président Poincaré reçoit de son aide de camp une dépêche. Il la lit et la tend à l’ambassadeur d’Autriche-Hongrie, le Comte Seczen. Ce dernier blêmit et quitte précipitamment la tribune  présidentielle. Il vient d’apprendre l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche à Sarajevo.
Alors, la mécanique implacable se met en branle. Le 25 juillet, la Serbie mobilise. Le même jour, la Russie soutient la Serbie et Joffre ordonne d’acheminer trois régiments de tirailleurs marocains en Métropole. Le 27 juillet, la Royal Navy reçoit l’ordre de se tenir prête. Le 28 juillet, l’Autriche déclare la guerre à la Serbie. Le 30 juillet, la Russie mobilise. Le 31 juillet, l’Autriche mobilise à son tour. Le même jour, l’Allemagne adresse un ultimatum à la France et à la Russie. Le 31 juillet, Jean-Jaurès est assassiné. Le 1er août, la France mobilise. Le 2 août, l’Allemagne adresse un ultimatum à la Belgique, puissance neutre.
Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France. « Aux armes ! on s’embrasse, on crie, on pleure, on rit. Les mères ont au flanc des tressaillements neufs, comme s’il procréait une seconde fois, ces enfants destinés aux gloires du Pavois. Détachés les canons ! qu’ils courent sur le monde ! qu’il n’y ait qu’un seul cri fulminant, Guerre ! Guerre ! » (Henri Bataille, La Divine Tragédie 1916).
La mobilisation s’effectue du 2 au 16 août avec une discipline et une organisation parfaites sous les ordres du major général Belin. 4278 trains permirent la concentration des troupes, seuls quelques trains furent en retard. Le 3 août, 882 000 hommes sont sous les drapeaux. Le 18 août, ils sont 4 662 000.

Un seul cri, à Berlin, à Berlin, un seul mot d’ordre, l’offensive à tout prix. Du côté français, c’est le plan XVII, élaboré par Joffre le 18 avril 1913. Du côté allemand, c’est le plan Schlieffen qui prévoit de violer la neutralité de la Belgique. « L’offensive est la forme la plus puissante du combat ; elle seule apporte la décision... L’offensive est le symbole de la supériorité sur l’ennemi. ». Ainsi s’exprime le général allemand Ludendorff. A l’état-major général français, le lieutenant-colonel de Grandmaison, affecté au 3ème bureau, le bureau des opérations en écho à Ludendorff, préconise « l’attaque sans souci des pertes » Sic ! Mais à l’école Guerre, un colonel, Philippe Pétain, presque à la retraite, expose clairement : « le feu tue » !
Jamais le choc entre deux armées ne fut aussi violent, durable, aveugle et meurtrier dans un commun désastre européen et mondial. Jamais autant d’hommes ne furent mobilisés et engagés dans une guerre totale, une fournaise d’acier et de sang dont Verdun restera pour des siècles et des siècles le symbole héroïque. 8,5 millions de Français sont mobilisés dont 260 000 combattants d’Afrique du Nord et 215 000 coloniaux. 11 millions d’Allemands sont sous les armes. Au total, 65 millions d’hommes, tous belligérants confondus.
27 % des soldats français des 18-27 ans sont tombés au champ d’honneur, soit près de 1,4 millions d’hommes. Mais 4,266 millions sont revenus blessés de la guerre, les « Gueules cassées ».
Les villages, les villes, les fleuves, les collines ne sont plus des lieux géographiques mais deviennent des enjeux stratégiques, des batailles formidables assoiffées d’acier et de sang. « Les obus miaulaient un amour à mourir, un amour qui se meurt et plus doux que les autres, ton souffle nage au fleuve où le sang va tarir. Les obus miaulaient. Entends chanter les nôtres. Pourpre amour salué par ceux qui vont périr. » (Guillaume Apollinaire, La Nuit d’Avril, 1915)
Dans cet enfer, le Poilu tient et résiste. « On lutte de tranchée à tranchée où les corps des combattants pressés comme d’humaines grappes s’enchevêtrent à ceux des mourants et des morts » (Paul Hubert, Nuit sur le front). Dans cet enfer, le Poilu tient et résiste, il trouve dans la gnôle un peu de réconfort. « Gnôle, je redirai tes vertus, ta puissance, ta générosité. Pour toi le fier Poilu connut, quoi qu’on pense, un éternel été » (A. Fourtier). Poilu a été le fer de lance, le bouclier de la Nation en armes contre l’envahisseur du Reich du Kaiser. Tous les Français l’ont soutenu car cette guerre, comme le souligne J-B. Duroselle, est " la guerre des Français."
Blessé, les dames blanches, les anges blancs ont soigné Poilu et donné un peu de réconfort féminin qui lui manque tant au front. Les femmes l’ont remplacé en usine pour tourner les obus mais aussi à la ferme car la vie continue, la guerre n’arrête pas le cycle des saisons.
Poilu se bat avec acharnement et sur les mers, ses camarades marins connaissent la nouvelle guerre de course des U BOOT, lancée par l’amiral Von Tirpitz qui provoque une guerre sous-marine à outrance, précipitant l’entrée en guerre des Etats-Unis. C’est à juste titre que le 23 juin 1920, Georges Leygues, ancien ministre de la Marine, s’adresse en ces termes à la chambre des députés. « Nos marins ont conduit la guerre sans être soutenus par l’exaltation de la bataille... Ils ont monté la garde, ils ont lutté contre la mine, la torpille, leur cœur n’a jamais faibli. C’est la maîtrise de la mer qui nous a permis de soutenir la guerre pendant quatre ans et de la gagner. »
L’aviation militaire naissante renseigne Poilu sur les mouvements de l’ennemi.Deux hommes, deux ingénieurs Marcel Dassault et Henry Potez donnent aux avions français l’hélice éclair qui équipe l’avion de Georges Guynemer, le fameux Spad 7.
Le 19eme siècle est mort en 1914 en donnant naissance au 20àme dans ce brasier d’acier, de sang et de mort. La France moderne avec toutes ses faiblesses, ses passions mais aussi ses fraternités est née dans les tranchées. Ouvrier ou ingénieur, paysan ou aristocrate, écrivain ou illettré, libre penseur ou curé, fantassin ou officier, ensemble, solidaires, ils ont fait face au « Trommelfeuer » de l’ennemi. Ils ont connu la peur ou la joie d’être toujours en vie après l’attaque, ils ont respiré et senti l’odeur de la mort qui rôde ; chacun savait que sa vie, son sort dépendaient de tous les autres, ils ne faisaient qu’un pour le destin collectif de la Nation. Roland Dorgelès s’adresse à ses camarades. « Une telle joie était en vous qu’elle dominait les pires épreuves. Dans la boue des relèves, sous l’écrasant labeur des corvées, devant la mort même, je vous ai entendu rire : jamais pleurer. » (Roland Dorgelès, les Croix de bois). Leur engagement a été total jusqu’au sacrifice suprême. Ils ont offert sans retour à la Patrie le plus cher de leur vie, leur jeunesse. Conduits par des chefs prestigieux qui ont su comprendre le quotidien des fantassins, comme Joffre, Foch, Pétain, Lyautey, mais aussi Haig, French, Pershing, ils ont remporté une très dure victoire qui n’efface pas les sacrifices. « Trop de morts dorment sous la terre pour que j’ai le cœur d’un vainqueur, pour que m’éclaire ta lumière. Tu parais trop tard ô guerrière. Il fait trop sombre dans mon cœur. » (Pierre Paraf).
La France leur demeure à jamais redevable ; nous sommes leurs héritiers de chair et d’esprit ; au sacrifice de leur vie, ils ont défendu notre liberté lors de batailles titanesques contre l’impérialisme du Reich du Kaiser ivre de puissance, qui n’a malheureusement pris fin qu’en 1945 au prix d’une nouvelle guerre pire encore qui a embrasé le monde.
En ce centenaire, c’est avec une profonde émotion que nous rendons un hommage solennel à nos pères. Nos pensées vont aussi à nos alliés tombés dans la fleur de leur jeunesse. Il ne saurait y avoir d’oubli dans le cœur des hommes, c’est pourquoi aujourd’hui dans la paix retrouvée en Europe, nous associons dans notre mémoire les soldats allemands fauchés, eux aussi, dans leur jeunesse et conduits à l’échec par la folie orgueilleuse de leurs chefs.
Si notre cœur chérit ceux de 1914, notre raison regarde l’avenir. Au-delà du temps qui passe inéluctablement, le combat de nos pères est toujours le nôtre, les menaces demeurent plus que jamais et montent à l’horizon. Des menaces d’autant plus dangereuses, insidieuses et lâches, que le terrorisme religieux frappe aveuglement et assassine les innocents. Nous savons depuis l’aube des temps que l’Histoire est tragique. Mais l’Histoire demeure surtout tragique pour les naïfs et les pacifistes aveugles et bêlants qui refusent de regarder les réalités en face. Nous sommes en guerre. Nous sommes en guerre contre le fanatisme et les assassins. Le combat sera long, périlleux et coûteux.
Notre défense doit redevenir une priorité nationale, elle demeure plus que jamais la garantie de notre sécurité, de notre liberté. Comme ceux de 14, c’est les armes à la main que nous devons défendre nos valeurs, nos principes, notre liberté, liberté qui est aussi celle du genre humain. Comme ceux de 14, nous ferons face si nous retrouvons le sens de la vie collective et luttons sans relâche contre le communautarisme dévastateur qui ruine notre vouloir vivre ensemble. « Il n’y a qu’une fatalité, celle des peuples qui n’ont plus assez de forces pour se tenir debout et se couchent pour mourir. Le destin d’une Nation se gagne chaque jour contre les causes internes et externes de destruction » (Charles de Gaulle).
Vive ceux de 14, Vive nos Alliés, Vive les Nations européennes réconciliées dans une Europe en paix, Vive la République, Vive la France !

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 07:13

Le problème étant très politique, les Actualités unitariennes ne sont pas le lieu adéquat où le débat peut être engagé. Mais nous versons volontiers cette carte au dossier car elle montre bien comment la colonisation de la Cisjordanie par Israël grignote de plus en plus les terres palestiniennes et rend la gestion politico-administrative du nouvel Etat extrêmement difficile. La "zone E1", dont la colonisation vient d'être décidée, prive la capitale Ramallah d'un accès direct aux territoires plus au sud. De nombreux gouvernements, dont la France, ont déjà réagi en condamnant à ce projet

 

cisjordanie_colonie_israelienne_E1.jpg

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 17:11

Gene-Sharp.jpg

Gene Sharp, chercheur américain spécialisé dans l'étude des conflits

et des mobilisations qui se veulent non-violentes

 

A partir de Gandhi et d’autres mobilisations historiques comme récemment les "printemps arabes", on parle de non violence, mais que recouvre exactement ce terme ? Jean Marichez, en traduisant en français les livres de l’Américain Gene Sharp, relance le débat. Voir l’article publié sur le site de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) sous le titre « Pacifisme, non-violence, et force de paix » (rubrique « le vocabulaire religieux ») (lien) http://afcu.over-blog.org/article-pacifisme-non-violence-et-force-de-paix-100249151.html

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 19:01

Le trimestriel « Alternatives Non-Violentes » (lien) a été fondé en 1973, avec pour but de faire connaître dans les milieux intellectuels la pertinence de la non-violence et de ses modes d’actions qui se manifestent lors de luttes en Europe ou ailleurs dans le monde. C’est pourquoi cette revue traite chaque trimestre d'un thème précis, où sont analysés les mécanismes de la violence et approfondies les dimensions culturelles, psychologiques et politiques de la non-violence, toujours en relations avec des luttes de résistance. La revue fait collaborer des militants, des universitaires et des chercheurs : philosophes, théologiens, politologues, historiens, psychologues, économistes, journalistes, etc. Alternatives Non-Violentes est agréablement illustré.


Les numéros de la revue Alternatives Non-Violentes, n’étant pas liés à l’actualité immédiate, restent longtemps des outils précieux pour la réflexion et la formation. Alternatives Non-Violentes est une revue de référence dans le monde francophone. Les derniers numéros ont été consacrés aux thèmes suivants : « Tolstoï, précurseur de la non-violence », « L’autorité à l’école », « La domination masculine » (n° 155), « La non violence en marches … de Gandhi à demain » (n° 156), « Le désarmement nucléaire unilatéral de la France » (n° 157), « La colère, qu’en faire ? » (n° 158), « L’exercice du pouvoir : la tension du compromis » (n° 159), « Désobéir par éthique professionnelle » (n° 160). Chaque n° est vendu à 12,50 € ; l’abonnement annuel (4 numéros) est à 37 €. Chèque à l'ordre de la revue et à adresser à : ANV Centre 308, 82 rue Jeanne d’Arc, 76000 Rouen.


Les auteurs suivants ont écrit dans la revue : Olivier Abel, Michel Aucouturier, Marie-Christine Blandin, François Brune, Suzanne Citron, Marie-Agnès Combesques, André Comte-Sponville, Bernard Dréano, Isabelle Filliozat, Jean-Claude Filloux, Guillaume Gamblin, René Girard, Étienne Godinot, Christine Laouénan, Serge Latouche, Élisabeth Maheu, Christian Mellon, Fabienne Messica, Olivier Mongin, Florence Montreynaud, Jean-Marie Muller, Hervé Ott, Bernard Quelquejeu, Alain Refalo, Christian Robineau, Frédéric Rognon, Hans Schwab, Jacques Semelin, Michel Serres, Serge Tisseron, François Vaillant, Patrick Viveret, etc.


alternative_non_violente_158.JPG

 

Lire dans les Etudes unitariennes le texte de François Vaillant, rédacteur en chef de la revue, écrivain et théologien, sur le récit de Jésus (dans les 4 évangiles) chassant les vendeurs du Temple de Jérusalem, paru dans le n° 158 "La colère, qu'en faire ?" (lien)

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 19:25

Un colloque au Sénat le 25 juin 2010

Alors que les media parlent essentiellement de violence lorsqu'il s'agit du conflit israélo-palestinien, on ne connaît guère le mouvement de résistance populaire non-violent en Palestine, pourtant en plein essor.  Un colloque a eu lieu sur ce sujet le 25 juin au Sénat à Paris, organisé par l’association France Palestine Solidarité. Le texte publié ci-dessous est extrait du document de présentation de ce colloque. Un texte à connaitre et à faire connaître, car il montre comment la résistance des Palestiniens est en train de prendre un tournant qui ouvre de nouvelles perspectives d’une paix dans la justice, dans le contexte dramatique du conflit israëlo-palestinien. Régis Pluchet (Le Mans)

« Apparu en 2003 à Mash'a puis à Budrus, localités située au nord-ouest et à l'ouest de Ramallah, il a été popularisé à partir de 2005 grâce au dynamisme créatif et à l'ampleur de vue du comité populaire de Bil'in, où le tracé initial du mur conduisait à 60 % l'annexion des terres commencée bien antérieurement. En 2010, 19 comités de résistance populaire se coordonnent (ils étaient 3 en 2008, 11 en 2009) et Moustapha Barghouti, dirigeant d'un parti politique palestinien, a parlé lors de la dernière conférence internationale de Bil'in, d'actions de résistance hebdomadaires dans 45 endroits différents. 1 000 à 2 000 personnes participent chaque semaine à ces actions (chiffres de 2009). Les manifestations à Jérusalem contre la colonisation du quartier de Cheikh Jarrah ont réuni jusqu'à 3000 personnes. Plus de 5 000 personnes ont participé à une manifestation dans la ville de Beit Ummar (entre Hébron et Béthléem) en mars 2010.

En quoi consiste cette résistance ?


Les manifestations pacifiques constituent son mode d'action central. Elles ont lieu chaque semaine, le vendredi (à Bil'in, Ni'lin, Al Ma'sara, Jérusalem...), le samedi (à Beit Ummar...) ou le dimanche (à Beit Jala par exemple). Elles réunissent des Palestiniens (du village et venus d'autres villages), des Israéliens et des internationaux en proportion variable selon les lieux, cette tripartition étant une caractéristique essentielle du mouvement. Elles ont pour but en se rendant sur des terres menacées ou confisquées par le mur, l'extension des colonies, les exactions des colons, les routes de contournement, d'affirmer les droits des Palestiniens et l'illégalité de la colonisation et de l'occupation. Elles visent fréquemment à empêcher les destructions opérées par les bulldozers (arrachage d'oliviers centenaires, démolition de maisons...)

Les participants sont formés à prendre ces initiatives selon les principes de la non-violence active, à ne pas réagir violemment aux violences exercées par l'armée ou les colons. Face à la violence de l'armée, il arrive que des pierres soient jetées, le propre de cette résistance étant de ne pas avoir recours à des armes. La résistance populaire palestinienne est  une résistance non-armée. En certains lieux, la référence à la non-violence de Gandhi, de Martin Luther King est très affirmée et mise en œuvre (…) ».

La seule voie possible pour les Palestiniens dans la conjoncture actuelle


« (…) Si la résistance populaire, sous-estimée par les stratèges israéliens, se développe, elle peut mettre en échec cette politique pense Michel Warschawski, anticolonialiste israélien lucide. (…) Tout en rappelant la légitimité du recours à la résistance armée contre l'occupation, les militants palestiniens insistent sur le nécessaire bilan qu'il faut en faire après la deuxième intifada, après la guerre contre Gaza, dans le contexte international ouvert par le 11 septembre 2001. Le prix en morts, destructions, image est accablant. Jusqu'au Hamas qui aujourd'hui fait la chasse aux lanceurs de roquettes dans la bande de Gaza. La situation locale (le déséquilibre des forces) et internationale (lutte contre le terrorisme) disqualifient le recours à la résistance armée en Palestine.

C'est sur le constat de ce double d'échec que le développement actuel de la résistance populaire non-violente doit être envisagé, ceci avec ses racines dans la culture et l'histoire des Palestiniens, qu'il s'agisse de la première intifada ou des luttes contre le sionisme et le mandataire anglais dans les années 1930.

(…) Pour le gouvernement, la résistance non-violente, qui fait partie de la culture palestinienne permet à un maximum de Palestiniens de participer à la lutte pour la libération de la Palestine. L'Autorité favorise la coordination des nombreux comités autonomes qui se créent. Elle les soutient financièrement, notamment pour le paiement des cautions exigées pour la libération des personnes arrêtées. Cette aide, ce soutien sont proclamés publiquement. Des membres du gouvernement participent aux manifestations, à la plantation d'arbres... Le poids, l'avenir de la résistance populaire s'en trouvent profondément modifiés. Le Fatah a adopté à son dernier congrès (à l'automne 2009) la lutte non-violente contre l'occupation comme ligne stratégique. Le Hamas reconnaît aujourd'hui que cette forme de résistance s'impose dans la conjoncture.


Des militants des divers mouvements politiques palestiniens oeuvrent ensemble dans les comités populaires, lesquels sont soutenus par les municipalités, quelle que soit leur couleur politique »


Extrait du texte de Erik Laloy,  publié par l’association France Palestine Solidarité (AFPS).
On trouvera le texte complet sur le site de l’AFPS (lien)

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 16:19

Jean-Marie MULLER, 2010 - Désarmer les dieux. Le christianisme et l'islam au regard de l'exigence de non-violence. Le Relié Poche, 720 pages, 15 euros. Philosophe et écrivain, Jean-Marie Muller a écrit de nombreux livres sur la non-violence considérés comme des ouvrages de référence en France comme à l’étranger

 

Avant-propos (extraits) -

 

jean pierre muller désarmer les dieuxLes hommes de foi sont des hommes de certitude. Ils ont la conviction de posséder la vérité ultime, et de la tenir directement de Dieu. De ce fait, ils se donnent volontiers la mission de la défendre contre les infidèles et les hérétiques. Alors, par un détournement de procédure, ils prétendent agir au nom de Dieu en jetant l’anathème tout alentour. Pour cela, ils cèdent facilement à la tentation de tuer, au risque de pervertir radicalement la vérité qu’ils veulent faire triompher.


Par l'enseignement rigide d'un discours dogmatique fermé, les religions historiques ont souvent disposé les hommes à l'intolérance, plutôt qu'à la bienveillance. Elles ont ainsi nourri les nationalismes communautaires qui professent la discrimination, l'exclusion, la violence et le meurtre.


La lutte du bien contre le mal se trouve au cœur de l'imaginaire religieux. Cette lutte est d'abord présentée comme un combat spirituel que le croyant doit mener contre lui-même. Mais ce même croyant est également invité à lutter contre le mal qui existe dans le monde. Le croyant qui se veut intègre, l’intégriste, commande le Bien et interdit le Mal. Et aux autres avec plus d’intransigeance qu’à lui-même.

Pour décrire l'intensité de cette lutte, il est souvent fait référence au symbolisme de la violence : le croyant est un soldat appelé à s'engager dans la guerre du bien contre le mal. Insidieusement, cette rhétorique guerrière utilisée pour décrire la lutte spirituelle contre les forces du mal censées être à l'origine du désordre du monde, appelle le croyant à faire réellement la guerre contre les mal-faiteurs. Le désir excessif et déréglé de pureté conduit à désirer l’épuration, qui est une abjection.

 

Souvent, trop souvent, des hommes religieux ont construit des représentations de la divinité à travers lesquelles Dieu fait peser sa malédiction sur ses ennemis et recourt lui-même à la violence pour les punir. Et dès lors que les hommes se représentent Dieu comme un être violent qui châtie les méchants, ils auront tout loisir de justifier leur propre violence à l'encontre de leurs ennemis, en croyant que Dieu cautionne et bénit leur comportement. Ils iront même jusqu'à imaginer que Dieu leur commande le meurtre des infidèles. C’est ainsi qu’en de nombreux versets, la Bible et le Coran privilégient les thèmes de la violence de Dieu et de la violence en Dieu. Ce sont ces textes que j’interrogerai et avec lesquels je dialoguerai tout au long de cette étude. Je me demanderai comment dérouter ces textes afin de désamorcer leur nuisance, afin qu’ils n’alimentent plus les désirs de violence qui veillent sans jamais prendre de repos dans le cœur et l’esprit des hommes.


Chacun peut douter de l’existence de Dieu, mais nul ne peut ignorer l’existence de nombreux dieux armés que les hommes violents ont imaginés pour justifier leur propre violence. Ce sont ces faux dieux qu’il faut désarmer pour pouvoir penser Dieu. Celui qui croit en de faux dieux ne rend pas un culte à Dieu, mais à des idoles. Les dieux jaloux, les dieux encolérés, les dieux justiciers, les dieux vengeurs, les dieux violents, les dieux meurtriers, les dieux guerriers, tous ces dieux armés sont des idoles que les hommes ont fabriquées en projetant sur elles leurs fantasmes.


Il importe d’abord de devenir athée de toutes ces divinités noires. Or, précisément, pour l’homme raisonnable qui reconnaît la violence comme l’autre absolu de l’esprit, les faux dieux sont tous ceux qui pactisent avec la violence en étant eux-mêmes violents et en commandant aux hommes de recourir à la violence pour défendre leur honneur. La violence ne peut jamais être un ordre, elle est toujours un désordre. En définitive, ce sont les religions qu’il faut désarmer, en désarmant les divinités qu’elles ont créées pour satisfaire les désirs meurtriers de leurs fidèles. Cela implique de désarmer les prophéties et les théologies, de désarmer les prophètes et les théologiens.


La question qui sous-tendra ma réflexion tout au long de ces pages, ce n’est pas comment croire en Dieu, mais comment penser Dieu ? J’explorerai l’idée de Dieu, non pas la foi en Dieu. L’idée, dans le sens de la forme intelligible par la pensée. Toute idée de Dieu n’est qu’une représentation humaine de Dieu. Mais toute foi en Dieu implique une idée de Dieu. Et, souvent, la théologie devient une idéologie. Je questionnerai les idées de Dieu transmises par les idéologies religieuses. Je m’efforcerai de débusquer les représentations d’un dieu armé qu’elles recèlent et tenterai de les déconstruire.


L’intuition essentielle autour de laquelle s'articulent les réflexions que je viens partager avec mon lecteur est que la violence ne peut pas être un attribut de Dieu. Dieu ne peut pas être violent. L’Être de Dieu ne peut être que pur de toute violence. Dieu ne peut être que pure non-violence. En disant non-violence, je reste sur le registre de la négativité. Cependant, il ne s'agit pas d'une simple, mais d'une double négativité. Et, en ce sens, celle-ci devient une affirmation positive. La limite extrême de mon hypothèse de travail pourrait se formuler ainsi : Dieu n’existe peut-être pas, mais, s’il existe, il ne peut être que pure non-violence.


Il m’a semblé essentiel de conduire conjointement l’approche critique du christianisme et celle de l’islam en procédant avec la même méthode d’investigation. Il importe d’éviter une fois pour toutes le piège qui consiste à absoudre les dérives d’une religion en accusant les autres des mêmes dévoiements. Ce défaut de méthode marque trop souvent la confrontation entre le christianisme et l’islam, jusqu’à la rendre stérile. Les violences perpétrées au nom du christianisme ne permettent pas d’occulter celles commises au nom de l’islam, et réciproquement. On ne peut soustraire les unes aux autres en sorte de parvenir à une sorte de bilan à somme nulle. Toutes ces violences s’additionnent dans un bilan largement négatif. Plus que cela : dramatique.


Pour conduire ce travail, je dialoguerai avec les textes de la Bible et ceux du Coran en m’efforçant d’être à la fois respectueux et rigoureux. Je dialoguerai encore avec les croyants dans le même esprit de respect et de rigueur.

 

 

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 07:08

gandhi_international.JPGDu 30 janvier au 3 février 2010, à l’invitation de l’association française Gandhi International et du mouvement indien Ekta Parishad, 120 personnes provenant de 20 pays se sont réunies à Bhopal (Inde) à un colloque international sur le thème «Vers une économie non-violente».


Constat


Alors que la moitié des habitants de notre monde sont agriculteurs, les trois quarts d’entre eux, dans les pays du Sud, travaillent encore uniquement à la main, en préservant l’environnement et sans contribuer au réchauffement climatique. Beaucoup n’ont pas de titre de propriété et leurs droits sont menacés par des projets menés par des Etats ou des entreprises minières, d’agriculture intensive, d’exploitation forestière, touristiques, etc.


Pourtant, lorsque des projets de ce type peuvent produire des effets négatifs, il existe en droit un principe de consentement libre, préalable et informé des communautés locales et des peuples indigènes, reconnu par divers textes de l’ONU, par l’Organisation Internationale du Travail (Convention n° 169) et par l’article 22 de la déclaration de Rio adoptée en juin 1992.


Par ailleurs, les marchés du Sud sont envahis par des denrées agricoles du Nord, produites avec d’énormes moyens mécaniques et subventionnés par les pouvoirs publics. De ce fait, l’agriculture vivrière et la production artisanale locales sont ruinées par cette concurrence et éliminées de l’économie.


Dans les pays occidentaux aussi, l’accès à la terre est devenu très problématique pour les paysans.


Engagements


- Nous avons une foi profonde dans la force des plus pauvres et nous voulons reconnaître les peuples dans leur dignité, leurs savoir-faire et leur culture.

- Nous nous engageons pour le droit d’accès des personnes aux ressources naturelles (terre, eau, forêts, semences, minerais, etc.) en vue d’un nouveau type de développement harmonieux, respectueux de l’homme et de la nature.

- Nous demandons qu’en droit international, le droit de souveraineté alimentaire soit reconnu comme supérieur aux droits du commerce.


Action


Les actions politiques que nous proposons s’appuient sur des réalisations concrètes qui sont les prémisses d’une économie et d’une société non-violentes.


Une marche nommée Jansatyagraha (« La marche non-violente du peuple ») de 100 000 personnes sera organisée en 2012 par Ekta Parishad pour faire respecter ces droits. Le point d’orgue de cette mobilisation aura lieu entre le 2 octobre (Journée internationale de la non-violence) et le 17 octobre 2012 (Journée internationale du refus de la misère).


Cette marche est en rapport avec des enjeux vitaux à l’échelle mondiale : l’accès aux ressources naturelles, la souveraineté alimentaire, le sort des plus démunis dans nos sociétés, la place des femmes, mais aussi la démocratie participative, le rôle des sociétés multinationales, le système économique international, le modèle de développement.


C’est pourquoi, nous voulons soutenir cette marche indienne, et affirmer ces droits d’accès aux ressources naturelles et à la souveraineté alimentaire en menant en 2012 sur plusieurs continents des actions non-violentes simultanées et concertées (marches, sit-in, chaînes humaines, heures de silence, manifestations sportives, etc.)


Les hommes n’ont pas seulement des droits, mais aussi des responsabilités, telles que définies par exemple dans la Charte des responsabilités humaines. Nous faisons appel à la responsabilité de toutes les personnes et de tous les groupes soucieux de justice à travers le monde pour que cette mobilisation de 2012 ait le plus grand impact possible.


A Bhopal, le 3 février 2010

Les délégués de : Algérie, Angleterre, Bangladesh, Birmanie, Brésil, Canada, Finlande, France, Inde, Japon, Malaisie, Maroc, Mexique, Népal, Paraguay, Sénégal, Soudan, Sri-Lanka, Suisse, Thaïlande.

 

texte envoyé à la Correspondance unitarienne par Etienne Godinot

Pour juin 2011, la section française de Gandhi International prépare une rencontre de 3 jours à Saint Antoine l'Abbaye (en Isère) pour la mobilisation 2012. Il y aura une journée inter-religieuse sur le thème : Une spiritualité de l'action.


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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 10:46
Que ce soit au sein de la famille (parent/enfant ; couple ; relation avec la famille), sur le plan professionnel (cohésion d’une équipe, relation hiérarchique) ou encore dans la vie sociale (parents/professeurs, relation client/vendeurs, relation amicale ou de voisinage) nous devons faire face à des conflits. Comment réagir ? comment les gérer ? comment les solutionner ?

Quand quelqu’un nous blesse, comment communiquer sincèrement, sans nous-mêmes blesser à notre tour ? Comment faire mieux que d’éviter, se taire, bouder ? Comment gérer nos propres colères ? Quand l’autre devient agressif, quelle méthode pour l’écouter au bon endroit ? Quels outils pour passer de la culpabilité à la responsabilité ? Comment déployer une autorité véritable et légitime, à la fois efficace et respectueuse des personnes ? Comment déjouer les jeux de pouvoir ? Quelle méthode pour mettre hors-jeu une violence inacceptable ?

Communic-action.JPGLe programme mis au point par Communic Actions propose un parcours pour mieux comprendre son propre fonctionnement devant un conflit et d’être plus à l’écoute de soi et de l’autre ; il permet d’acquérir des outils afin de désamorcer toute réaction violente ou impulsive, de gérer de façon satisfaisante toute situation conflictuelle et si nécessaire de négocier efficacement.

La méthode, dénommée “CRITERE” par ses promoteurs, offre une synthèse originale et novatrice des techniques reconnues pour leur efficacité en articulant le meilleur des écoles de communication (« Cadres et dirigeants efficaces » de Thomas Gordon, CNV de Marshall Rosenberg) et des écoles de négociation (méthodes Win-Win, « négociation raisonnée » de Roger Fisher et William Ury). Ces deux univers, travaillés d’habitude séparément, sont peu à peu décloisonnés au moyen de nombreux exemples et exercices pratiques.

La méthode et le parcours ont été conçus par Etienne Chomé, chercheur à l’Université catholique de Louvain et consultant en entreprise. Communic Actions est une Ecole internationale qui se développe avec dynamisme sur trois continents et compte 60 animateurs en 2009 (lien).

Il n’y a pas à choisir entre autorité et compréhension. Le défi est de réussir en toutes circonstances à tenir ensemble le respect des règles et le respect des personnes” Etienne Chomé.

La formation se déroule en groupe de 15 personnes maximum sur une durée totale de 10 soirées de 2h (soit 20 heures de formation). Après chaque séance, elle nécessite un travail personnel de relecture et de mise en pratique des outils.

En Belgique, une formation est programmée du 22 février au 10 mai 2010 à la Fondation Wallonne – Verte Voie, 20 (Cortil du Coq Hardy)- 1348 Louvain-la-Neuve (à quelques 50 m de la gare). La participation financière est de 9 € par heure de cours, soit un total de 180 euros (des réductions peuvent être accordées). Contact : Coralie de Briey, courriel

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 12:45

Une mobilisation internationale à l’occasion de la marche Jansatyagraha de 100.000 pauvres en Inde, sur le thème du "droit d’accès aux ressources naturelles (terre, eau, forêts, semences) en vue d’un nouveau type de développement respectueux de l’homme et de la nature".


En ce XXIème siècle, un milliard d’individus sont sous-alimentés, un être humain meurt des conséquences de la faim toutes les 4 secondes, soit 25 000 par jour.
La moitié des habitants de notre monde sont agriculteurs, les 3/4 d’entre eux travaillent encore uniquement à la main. Assurer à ces paysans les conditions requises pour qu’ils puissent vivre de leur dur labeur est l’un des enjeux majeurs d’un développement durable. Au delà de l’Inde qui compte 70 % de paysans, c’est un défi planétaire pour un partage équitable des richesses, une cohabitation harmonieuse de tous les Terriens, des villes vivables, une agriculture respectueuse de l’environnement, une économie localisée et, finalement, pour que la violence ne soit pas la seule alternative de millions de pauvres, affamés, spoliés, déplacés et n’ayant plus rien à perdre.


Gandhi avait mobilisé l’immense force de la non-violence pour obtenir l'indépendance de l’Inde, le leader indien Rajagopal P.V. la canalise aujourd’hui pour promouvoir la justice sociale. En 1991, il a créé Ekta Parishad, mouvement qui compte actuellement plus d'un million de sympathisants. Ce syndicat fédère 380 organisations locales représentant les sans-voix de l'Inde et forme des animateurs sociaux "aux pieds nus" qui aident les plus pauvres à prendre leur destin en main. Rajagopal organise des padyatra, marches pacifiques pour défendre les droits des plus démunis.


L’objectif principal est que les paysans et les tribaux puissent vivre décemment de leurs activités agricoles et traditionnelles au lieu d’être contraints à émigrer vers les centres urbains - gonflant ainsi la population de bidonvilles gigantesques et insalubres - ou alors se suicident, irrémédiablement endettés par l’acquisition d’engrais, pesticides et semences OGM qui n’ont pas tenu leurs promesses de prospérité. 150 000 agriculteurs se sont suicidés en Inde ces dix dernières années.


Avec une discipline exemplaire, en octobre 2007, 25.000 personnes ont marché pendant un mois, parcourant les 350 km reliant Gwalior à Dehli, pour forcer le gouvernement à reconnaître leurs droits à la terre, à l’eau et à la forêt. Les résultats de cette grande marche appelée Janadesh (Verdict du Peuple) ont été nombreux : les plus significatifs sont l’adoption d’une loi forestière protégeant les populations indigènes, la création d’un comité national pour la réforme agraire et la distribution de terres à des dizaines de milliers de cultivateurs. Cette action a intensifié la formation de milliers de jeunes ruraux à l’action non-violente et l’émancipation des femmes. Beaucoup reste à faire pour que cette loi soit mise en œuvre effectivement par les autorités locales.


La prochaine marche non-violente, prévue par Ekta Parishad du 2 octobre 2011 au 2 octobre 2012, rassemblera 100 000 marcheurs. Son nom est Jansatyagraha, ou action non-violente du peuple pour la justice.

Un réseau international se constitue pour que des actions non-violentes simultanées et concertées (marches, sit-in, chaînes humaines, heures de silence, etc.) soient menées sur plusieurs continents en 2012 en lien avec la marche indienne, et particulièrement entre le 2 octobre (journée internationale de la non-violence) et le 17 octobre (journée internationale de lutte contre la misère).


Au-delà des revendications et propositions locales qui seront présentées lors des actions d’octobre 2012, l’objectif international des actions sera le droit d’accès aux ressources naturelles (terre, eau, forêts, semences) en vue d’un nouveau type de développement respectueux de l’homme et de la nature. S’y grefferont peut-être un ou quelques autres objectifs internationaux qui restent à définir, par exemple :

  • faire reconnaître par les organismes internationaux le droit de souveraineté alimentaire, prioritaire sur les droits du commerce,
  • imposer la transparence, puis la régulation des investissements et acquisitions dans le domaine foncier,
  • affirmer l’illégitimité et contester la représentativité des régimes minés par la corruption,
  • renforcer la lutte contre les paradis fiscaux, etc.

Tous les mouvements et associations soucieux de justice et de développement durable à travers le monde sont invités à se joindre à cette mobilisation internationale. Les croyants notamment sont invités à organiser ensemble une mobilisation interreligieuse.

 

Rajagopal portraitRAJAGOPAL P .V ., disciple de Gandhi, président du mouvement Ekta Parishad (Forum de l’Unité en hindi), porte parole des paysans, des tribaux et des sans caste  pour la défense de leurs droits fondamentaux à la terre, à l’eau, à la forêt et à une existence dans la dignité.

Originaire du Kerala et célèbre danseur de khatakali, Rajagopal quitte la scène à vingt ans pour devenir ingénieur agricole. Il découvre, aux hasards d'une tournée sur les pas de Gandhi, les ravages que peuvent faire la modernisation et l’industrialisation sauvage : «Toute une frange de la société est mise de côté, les paysans sont chassés de leurs terres sans aucune compensation par les multinationales, l’agriculture intensive et l’extension des zones bâties. Les tribaux, ces aborigènes premiers habitants de l'Inde, doivent quitter leurs forêts ancestrales, expulsés par un gouvernement qui préfère exploiter les ressources en bois et en minerais ou aménager des parcs nationaux pour les touristes ».


Pour tout contact : Gandhi International, (site en chantier)

 

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 20:33

La Bolivie (capitale La Paz) a connu des dictatures militaires de 1964 à 1982. Durant cette période, des personnes ayant un engagement syndical ou politique ont disparu. Aujourd’hui, des familles demandent à l’Armée des informations, les dépouilles des défunts et leurs effets personnels, ainsi que l’accès aux archives. Trois femmes mènent une grève de la faim depuis déjà un mois.

Eva Morales, l’actuel président, est au pouvoir depuis le 22 janvier 2006. Il est d’origine amérindienne et mène une politique qui se veut progressiste, mais il n'a pas encore donné suite à ces revendications.




Parmi ces femmes, Olga Flores Bedregal, unitarienne-universaliste et qui est bien connue de cette mouvance car participant régulièrement aux rencontres de l’International Councils of Unitarians and Universalists (ICUU), à droite sur les photos. Son frère Carlos Bedregal Flores a disparu en 1980.

Jusqu’à présent, la presse française n’a pas encore fait part de cette action alors que la vie de ces 3 femmes est très sérieusement en danger. Pour le suivi de cette grève de la faim, lien

Sur le site de l’International Convocation Unitarian Universalist Women (ICUUW), vous pourrez trouver des adresses utiles ainsi que des modèles de lettre en anglais et en espagnol à envoyer aux autorités boliviennes et inter-américaines.

Additif du 11 juin 09 :

En mon nom personnel, j'ai écrit à l'ambassade de France à La Paz. J'ai reçu un message d'Olga me disant qu'elles avaient cessé leur grève afin de ne pas mettre leur santé en danger. Elles ont du être hospitalisées  afin de pouvoir récupérer. Le président bolivien n'a pas bronché. Elles entendent bien entendu continuer leur action sous d'autres formes.

"Ya salí de la huelga, pero AGRADEZCO profundamente tu carta a la embajada de Francia porque es importante mantener la preocupación sobre el tema ya que el gobierno ha pretendido ignorarnos. No pude escribir antes porque estuve en el hospital recuperándome. Muchas gracias, sigamos adelante en nuestra caminata por la justicia". Olga (11 juin 09)


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