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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 04:59
Vitrine d'une civilisation ancienne et d'une puissance mondiale montante, les jeux olympiques de Pékin sont aussi l'occasion de parler du colonialisme chinois au Tibet et au Turkestan oriental et de la liberté d'expression. "Avisse" aux futurs pays qui veulent organiser les jeux !


dessin de Chappatte vu sur Yahoo Actualités

A noter que le caricaturiste a eu le bon goût de ne pas mettre sur le podium un terroriste ouïgour du Turkestan oriental (dit, en chinois, République autonome du Xinjiang) : nos sympathies ne vont pas aux assassins, y compris si les victimes sont des policiers ou des militaires. Plutôt que des méthodes empruntées à Al-Qaïda, les nationalistes ouigours devraient plutôt s'inspirer, en s'appuyant sur les sagesses soufi de leur passé, de la non-violence d'un daï lama, premier à juste titre de ce podium ...
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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 16:08

La chaîne du Grand Caucase sépare les républiques autonomes du piémont nord restées volontairement ou non au sein de la Fédération de Russie (comme par exemple la Tchéchénie), de la Géorgie. Cette frontière " naturelle " serait simple à respecter s’il n’y avait pas les Ossètes ! En effet, cette même chaîne sépare en deux les pays des Ossètes, avec au nord, la République de l’Ossétie du Nord / Alanie (capitale : Vladikavkaz, en russe ; Dzaudjikau, en langue ossète), non indépendante, faisant partie de la fédération russe depuis le 9 avril 1991, et, en piémont sud, l’Ossétie Sud qui s’est proclamée république sécessionniste par rapport à la Géorgie.

L’Ossétie est ainsi nichée au coeur de la chaîne du Grand Caucase, de part et d’autre du mont Elbrouz aux neiges éternelles, son point culminant (5642 m), et est un tout petit pays divisé entre deux Etats. Les Ossètes contrôlent le grandiose défilé du fleuve Terek, désigné par les Anciens comme étant les "Portes sarmates", qui permet de franchir la chaîne montagneuse.



L’Ossétie du Nord (armoirie de gauche) compte 650 000 habitants environ, les Ossètes y représentant 62% du total, les Russes, 27%; Kabardes, Balkars, Ingouches, Avars et Tchétchènes, composent les 11% restants. De nombreux Russes vivent dans la capitale ; beaucoup demeurent également dans le district de Mozdok, curieuse protubérance au nord de l’Ossétie où ils cohabitent avec les Ossètes et d’autres minoritaires. Les Ingouches sont surtout présents dans le district de Prigorodnyi, à l’est de Vladikavkaz, territoire d’où ils furent chassés en 1944 par les Soviétiques qui les accusèrent de s’être alliés aux Allemands lors de la dernière guerre et remplacés par des Ossètes, puis par la guerre Ossètes-Ingouches de 1992-1993.


L’Ossétie du Sud (armoirie de droite, chef-lieu : Tskhinvali) est une simple région de la République de Géorgie, dite officiellement "Shida Kartli" (Géorgie centrale). Elle a perdu l’autonomie dont elle jouissait depuis 1922, du temps de l’Union soviétique. En effet, dès la fin de 1990, année de l’indépendance géorgienne, le Parlement géorgien abolit le statut territorial particulier (Républiques et Région autonomes) des peuples minoritaires (Abkhazes, Adjars - des Géorgiens musulmans - et Ossètes). On dénombre 100 000 habitants aux deux tiers ossètes ; le tiers restant se compose de Géorgiens, implantés principalement dans le chef-lieu et dans les districts de Znaouri et Aghalgori.
Cette suppression d’autonomie a entraîné une révolte des habitants en 1991-92, accompagnée de part et d’autre d’une " purification ethnique ".

drapeau de la république de l'Ossétie Nord / Alanie (bandes horizontales : blanche, rouge jaune), adopté également par les Ossètes du Sud.

Or on a à faire à une ethnie consistante, fière de son histoire : les Ossètes sont en effet les descendants des prestigieux Scythes et autres Sarmates de l’Antiquité, à savoir des peuples iraniens nomades qui dominèrent des siècles durant la Russie méridionale.

Parmi eux, les Alains (ou Alans) avaient bâti un empire près de la mer Caspienne, disloqué en 375 par l’invasion des Huns. Les uns partirent en Hongrie (appelés localement " Yas ", ou Yasi pour les Slaves), les autres accompagnèrent les Vandales vers L’Andalousie et l’Afrique du Nord, les autres se réfugièrent dans le Caucase où ils se mêlèrent à des populations locales pour donner les Ossètes d’aujourd’hui. Ces derniers ont connu un temps un puissant Etat féodal, dominant le Caucase, qui fut détruit au XVIIIè par les Mongols de Gengis Khan.

On ne peut que déplorer le manque actuel de dialogue politique entre Géorgiens et Ossètes : ces populations ont pourtant cohabitées ensemble, ont pratiqué les unions mixtes, sont de la même religion orthodoxe (les Ossètes reconnaissent le patriarcat de Tbilissi)*, 50 000 vivent à Tbilissi et dans la région de Gori, au sud de l’Ossétie, etc.

* islamisés au XVIIème s., par leurs voisins kabardes, 25% des Ossètes (surtout dans le Nord) professent un islam sunnite marqué par l’influence modératrice du soufisme

Mais voilà, les Ossètes sont pro-russes. Leur vassalisation a été entérinée par le traité de Kutchuk-Kaïnardji (1774), signé par le tsar et le sultan ottoman. Ils utilisent le cyrillique (d’une façon majoritaire depuis 1954). Ils sont nombreux à s’être illustrés dans les armées russes puis soviétiques. Staline était fils d’un géorgien de Gori et de mère Ossète.

Avec Gorbatchev et la perestroïka, l’Ossétie du Sud commence à s’agiter. Ses représentants, rassemblés dans un  Front populaire ossète (Ademon Nykhas), demandent son rattachement à l’Ossétie du Nord. Pour eux, il est clair que son identité culturelle sera plus facile à défendre au sein de la Grande Russie que dans le cadre d’une Géorgie gagnée par la fièvre nationaliste. Durant le printemps 1992, le siège de Tskhinvali par les sinistres milices des "mkhedrioni" (les"chevaliers") s’avère aussi terrible que celui de Sarajevo, la couverture médiatique en moins.

Après un cesser le feu obtenu sur pression des Russes, les nationalistes procèdent à un référendum en 1992, puis décident unilatéralement de l’indépendance de leur pays en 1994. Le 18 décembre 2001 un nouvel Etat se forme avec un président et une capitale, Tskhinvali. Second référendum le 12 novembre 2006.

Ce 8 août 2008, l’armée géorgienne entoure la ville et la détruit par des tirs d’artillerie faisant de très nombreux morts et provoquant l'exode des populations. L’armée russe intervient, bombarde la ville géorgienne de Gori et le port de Poti, sur la mer Noire, site clef pour le transport de ressources énergétiques de la mer Caspienne vers l'Europe, et envoie des colonnes de chars pour libérer la capitale ... et accroître leur emprise. Les Abkhazes, d’une autre ex-république autonome de l’ère soviétique, profitent quant à eux de l’occasion pour conquérir une ultime partie de leur territoire, les gorges de Kodori, ... avec l'aide de l'aviation russe.

Arrivée à ce point de catastrophes, on se demande qu’elle a été l’objectif des nationalistes géorgiens ? On ne peut faire pire : continuer à se mettre à dos des populations qui font partie en principe de l’Etat géorgien ; donner la vedette à l’Ossétie du Sud, dont l’indépendance n’avait été reconnue par aucun autre pays, pas même par la Russie, en en faisant un peuple martyr ; raviver les nationalismes de ses autres minorités ethniques ; hypothéquer son seul débouché sur la mer Noire ;  s’attirer les foudres de l’impérialisme russe et faire bombarder ses infrastructures ; manifester l’impuissance des alliés européens et américains de la Georgie qui ne peuvent intervenir militairement, etc.

A quoi jouent les nationalistes ? Les historiens auront du pain sur la planche pour expliquer ce qui a pu motiver cette initiative géorgienne (au delà du droit international concernant les frontières étatiques qui veut qu'un gouvernement ait le "droit" d'intervenir pour mettre fin à une sécession). 

En souhaitant une Ossétie réunie et libre, par exemple au sein d’une fédération des peuples du Caucase, les Géorgiens auraient assurément mis les Russes dans le plus grande des embarras, du moins renvoyée la balle dans le camp des impérialistes ex soviétiques.

Pour écrire cette note, nous nous sommes largement inspirés de l’article de Jean-Louis Veyrac, décembre 2004,
http://www.ben-vautier.com/ethnisme/analyses/regions/ossetie.html. A consulter pour en savoir plus, avec une carte ethnique à l’appui. 

Pour un rappel chronologique plus exhaustif du conflit depuis 1989, voir l’article de l’Agence Presse (Paris) en date du 9 août 08
 http://fr.news.yahoo.com/ap/20080809/twl-georgie-ossetie-russie-chronologie-091cf94.html 

Additif du 13 août 08 : pour une vue d'ensemble des pays du Caucase, voir l'infographie animée publiée le mercredi 13 août par le journal en ligne de La Croix http://www.la-croix.com/documents/doc.jsp?docId=2346385&rubId=1306 .Egalement le site http://www.caucaz.com aidé financièrement par l'ambassade de France en Géorgie et qui s'appuie sur des recherches d'universitaires français dans la région (site présenté dans La Croix.com du 13 août).

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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 09:38

L’actualité est sans cesse secouée par des revendications sécessionnistes de la part de minorités ethniques dans le cadre d’Etats qui s’affirment non seulement comme unitaires (à savoir non fédéraux), mais aussi comme nationalistes, c’est-à-dire refusant les particularismes territoriaux et voulant uniformiser leurs populations sur une seule culture (laquelle se fait alors dominante).

Ainsi, par exemple, le nationalisme chinois (domination des populations han au Tibet, au Turkestan oriental et en Mongolie intérieure), le nationalisme serbe (qui a massacré les populations musulmanes des Balkans), le nationalisme géorgien (qui a supprimé l’autonomie des Ossétiens, des Abkhazes et des Adjars), le nationalisme russe qui essaie de se retrouver un second souffle, etc.

Une ethnie se définit par des caractéristiques culturelles (langue, religion, coutumes, activités économiques). Le peuplement peut en être hétérogène, issu de multiples migrations, mais l’ethnie joue alors le rôle de creuset, ralliant tout le monde autour d’une culture et d’une même histoire (réelle ou fantasmée, assise sur des mythes d’origine, etc.).

Attention ! l’ethnie n’est pas forcément demandeuse d’indépendance. Les revendications corses et basques en France et en Espagne sont l’affaire d’activistes qui visent un pouvoir local à leur profit, mais non de la population. Par contre les ethnies, d’une façon générale, ne souhaitent pas que leur territoire soit envahie par d’autres populations, encore moins si celles-ci sont en position politiquement dominante.

Disons que les ethnies sont chatouilleuses et acquises au principe de l’égalité et du respect mutuel. Elles apprécient lorsque le découpage administratif préserve leur unité territoriale (ce qu’avait fini par comprendre les puissances coloniales britanniques, françaises et allemandes en Afrique). Une départementalisation ou une régionalisation peuvent s’avérer suffisantes. L’érection d’un nouvel Etat exige en effet des ressources suffisantes et une reconnaissance internationale.

Les historiens de l’Antiquité utilisent directement le mot " peuples " pour désigner les ethnies, mais ce terme est plus large car il peut s’appliquer à une ville dont le peuplement est manifestement hétérogène, ou encore à une région géographique également composite. Il s’appuie sur la manifestation d’une volonté politique lors d’évènements majeurs : le peuple parisien, le peuple français, etc.


Les armoiries de la Géorgie : du patriotisme au nationalisme ?

Alors que l’Union soviétique, grande puissance coloniale et impérialiste, avait su accorder aux peuples des statuts de territoires autonomes ou de républiques – même si, en définitive, le parti communiste noyautait tous les rouages et tirait les ficelles selon les intérêts du Kremlin. Les Etats recouvrant leur indépendance n’ont pas toujours suivi cette sagesse – ou du moins cette habilité politique. Ainsi la Géorgie qui a supprimé tout de go l’autonomie aux populations abkhazes, adjars et ossètes. Ce manque de souplesse, de négociation entre l’Etat de type jacobin et certaines de ses composantes territoriales, mène tout droit au soulèvement et à des conflits interethniques.

Disons haut et fort que tout nationalisme est aveugle et suscite la guerre. L'amour de son pays de naissance, la fierté de sa culture, la solidarité vis-à-vis de sa communauté, s'appellent le patriotisme. Ce sentiment est égalitaire et non dominant car il respecte celui des autres.

Pour la défense des identités, voir notre discours du 25 mai 2008 à l'Eglise unitarienne de Montréal "les identités qui sont nôtres" http://eglise.unitarienne.francophone.over-blog.fr/article-21516750.html 
 

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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 11:26

Face à la répression particulièrement brutale au Tibet par les forces d’occupation chinoises, il reste aux Tibétains et à leurs amis la prière et le sens des rituels. Vous êtes tous conviés, le jeudi 7 août à 21 heures dans votre fuseau horaire, la veille de l’ouverture des jeux olympiques, à allumer une bougie en signe de protestation contre la politique chinoise au Tibet et de revendication d’un Tibet libre. La mobilisation est mondiale, à l’initiative du site http://www.candle4tibet.org

Vous êtes invités à le dire dans le cadre d’une pétition. Vous pouvez aussi signaler votre domiciliation sur une carte géographique. Eventuellement faire une vidéo qui pourra être mise sur le site en question.

Aux dernières nouvelles, la diva tibétaine, Yungchen Lhamo, ici en photo avec le dalaï lama, a rejoint cette campagne mondiale.


Nos visiteurs ont pu voir le drapeau du Tibet flotter dans la colonne de notre site. Il y restera durant toute la durée des jeux olympiques. Nous remercions Jean-Marc Noyelle de nous avoir informé de l’existence de cette campagne.

En escale à Tel Aviv, ce 29 juillet, Tsering Tashi, représentant le dalai lama, a appuyé cette campagne : " Nous espérons que votre campagne "une bougie pour le Tibet" inspirera les autorités chinoises dans l'appréciation de la valeur de la liberté pour l'humanité entière et de l'importance de la culture tibétaine bouddhiste qui bénéficie à des millions de personnes et possède la faculté de servir l'humanité entière, peuple chinois inclus "

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 09:04

 



Ancien président des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic a sur la conscience les 11 000 morts du siège de Sarajevo (lequel a duré 43 mois) et le massacre, en juillet 1995, de 8 000 musulmans de Srebrenica (dans une zone qui avait été pourtant déclarée de sécurité et mise sous la protection de l’ONU). Au total, le " nettoyage ethnique " a fait, en 44 mois de terreur, 260 000 morts et 1,8 million de déplacés durant la guerre de Bosnie de 1992-95.

Son interpellation vient d'être annoncée ce jour, à la veille d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne qui doivent évoquer le resserrement des liens avec la Serbie après la formation d'un nouveau gouvernement pro-occidental.

Après Slobodan Milosevic (ex président de la Serbie)
,
voilà un autre leader du nationalisme serbe qui vient de tomber à l’initiative du Tribunal Pénal International de l'ONU pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Il reste à arrêter son chef d’Etat Major et complice dans les tueries, Ratko Mladic.

d'après des informations données ce jour par Elie Tzortzi et Daria Sito-Susic  de l'Agence Reuters à Sarajevo (Belgrade)  " Radovan Karadzic arrêté après onze ans de cavale " (depuis 1997)

Sur la Bosnie et cette région des Balkans, voir notre série de cartes du Kosovo
http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-16763599.html 
et articles précédents.

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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 15:15
un dessin de Chappatte vu sur http://fr.news.yahoo.com le 22 juin 08



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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 10:10

L'Association du Manifeste des libertés organise une réunion-débat  sur “La liberté de conscience et de culte en Islam : le cas baha’i en Iran et en Egypte

Elle le fait en solidarité avec les sept détenus baha’is de Téhéran. Récemment en Iran, sept responsables baha’is (deux femmes et cinq hommes) ont été arrêtés. Détenus à Téhéran, ils sont accusés d’« avoir agi contre la sécurité nationale et d’avoir noué des liens avec des étrangers ».

Au mois de janvier dernier, 54 membres de cette communauté, estimée en Iran à quelque 300 000 personnes (5 millions dans le monde), ont été condamnés à des peines de prison, trois d’entre eux à quatre ans, les autres à un an avec sursis. Les juges les accusaient de prosélytisme à Chiraz, une des villes où les membres de cette religion monothéiste fondée au XIXe siècle sont nombreux.

martyre d'un baha'i sous l'empire ottoman au XIX° siècle. Photo reproduite du site "Liberté de croyance autour de Michel Servet et Sébastien Castellion".

Prendrons la parole : Foad Saberan, psychiatre, Marc Kravetz, journaliste, et Ghaleb Bencheikh.

Vendredi 27 juin 2008, de 19h30 à 22h, Maison Madeleine-Rébérioux, 5 rue Perrée, 75003 Paris (métro Arts-et-Métiers). Pour réserver :
manifeste@manifeste.org

L'Association du Manifeste des libertés est composée de musulmans "laïcs" et de sympathisants. Elle est en relation avec l'Observatoire chrétien de la laïcité (OCL) formé par plusieurs mouvements qui sont membres de la Fédération des réseaux des parvis.

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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 15:15

carte vue sur le site de Wikipedia à l'article "Tibet"
On y voit bien l'adéquation entre le Tibet "historique" et l'ensemble montagneux.

légende :
en orange et en rouge, les territoires tibétains sous administration chinoise directe,
en jaune, la République autonome du Tibet
en vert, les conquêtes chinoises de 1962 au détriment de l'Inde : l'Arunachal-Pradesh (d'où les militaires chinois se sont retirés) et au Cachemire.
en bleu, les pays sur le versant sud de l'Himalaya qui sont de langue et de culture tibétaine (l'ancien royaume du Ladakh, l'Etat indien du Sikkin et le Bhoustan).


Tous les Tibétains revendiquent bien entendu l’autonomie effective de la République autonome du Tibet conformément aux accords qui furent établis au lendemain de l’invasion chinoise (en jaune sur la carte). C’est l’actuelle demande du dalaï-lama.

Les nationalistes, quant à eux, revendiquent bien entendu, en plus, les territoires " historiques " passés sous administration directe chinoise des provinces Qinghai, Gunsi, Sichuan et Yunnan (en couleur orange).

Ils rappellent aussi (mais il ne s’agit pas là de revendications territoriales) que la langue tibétaine est parlée sur le versant sud de l’Himalaya ; d’ouest en est :

L’ancien royaume du Ladakh, de langue tibétaine et de religion bouddhiste, appelé affectueusement "le Petit Tibet ". Il a voulu conserver son indépendance par rapport au Tibet et, pour cela, a demandé, au XVIIè siècle, l’aide du Cachemire musulman. mais celui-ci a posé ses conditions : la conversion du roi ladakhi à l'islam et la construction d'une mosquée dans sa capitale, Leh. Le Cachemire finira d'ailleurs par envahir le royaume mettant fin à son indépendance et entraînant, à terme, son intégration dans l'Inde britannique. Le territoire initial du royaume est maintenant divisé entre l'Inde, le Pakistan et l’Aksai Chin (conquis par la Chine en 1962 et mis dans la République autonome du Xinjiang).

Le Népal (capitale Katmandu) où les autochtones parlaient le newari (ou newar, ou nepâlbhâsa), une langue tibéto-birmane, jusqu’au XVIII° siècle, date où des Gurkha (originaires du pays khasi, Nord-Est de l’Inde actuelle) évincèrent la dynastie des Malla et imposent (y compris par la force) le népalais, qui est une langue indo-européenne.

Le Sikkin, ancien royaume (capitale Gangtok) situé sur une importante voie d’accès (surnommée " la vallée du riz ", mais on y cultive surtout de la cardamome, un condiment de la cuisine indienne) entre l’Inde et le Tibet, et actuel Etat indien depuis 1975, date à laquelle l’armée indienne en chassa le roi et sa famille.

Coincé entre le Népal et le Bhoustan, le Sikkim reçut les visites militaires des uns et des autres (le Bhoutan en 1700-1710, encore le Bhoutan et le Népal à son tour 1717-1733). Il s’ensuivit une domination des langues locales classées comme tibéto-birmanes : le vbras-ljongs-skad (orthographié souvent drejonke), le lepcha et le limbou. Mais la langue officielle est le népalais : 75% des Sikkimais sont d'origine népalaise. Les Lepchas ne représentent plus que 15 % de la population. Les autres habitants sont des Bhutias, d'origine tibétaine, et des Indiens venus de la plaine.

Le Bouthan, un royaume de culture tibétaine, mais qui a su conserver son indépendance.

Quant à l’Etat indien de l’Arunachal-Pradesh, conquis 1962 par les Chinois, qui se sont ensuite retirés au nord de la ligne Mac-Mahon de 1914, le parler dominant est la langue télougou qui, avec le tamoul (Sud de l’Inde et Sri-Lanka), fait partie des vieilles langues draviniennes du sous-continent indien. Cette région n'est donc ni tibétaine, ni chinoise !

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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 14:50

carte vue sur Tibet Map  http://www.tibetmap.com/tibet21.jpg 

ligne bleue : le Tibet à la fin du XIXème siècle
ligne rouge : première réduction du Tibet à la suite de conquêtes chinoises avalisées par l'accord de Simla en 1914
ligne verte : la République autonome du Tibet en 1965



Les Britanniques, à partir de leur colonie en Inde, font irruption à Lhassa en 1904, forçant le dalaï-lama à se réfugier en Mongolie (1904-1909). Mais les Chinois prennent le relais en 1910, ce qui oblige le dalaï-lama à s’exiler cette fois-ci en Inde (1910-1913). Par la convention de Simla (1914), où se réunissent Britanniques, Chinois et Tibétains, une ligne " Mac-Mahon " (du nom du négociateur britannique) délimite la frontière indo-tibétaine.

La Chine administre directement un " Tibet intérieur " constitué d’une frange orientale qu’elle a conquise militairement, et exerce une suzeraineté toute formelle sur le Tibet. Celui ci reste gouverné et administré par le Dalaï Lama, lequel conserve son autorité spirituelle (mais non plus temporelle) sur le " Tibet intérieur " sous administration chinoise. A noter aussi que les montagnes Kunlun passent au Xinjiang (le Turkestan oriental).

Les Britanniques avaient souhaité que le Tibet soit un Etat tampon entre l’Inde et la Chine.

Mais la Chine n’entérine finalement pas cette convention de Simla. Plus tard, sous régime communiste, elle reprend sa politique expansionnisme :

En 1950, les troupes chinoises envahissent le Tibet. De 1956 à 1959, la révolte tibétaine s’organise sur l’ensemble du Tibet " historique ", mais, à la suite du soulèvement de Lhassa, violemment réprimé par les troupes chinoises, le dalaï-lama doit quitter le Tibet pour se réfugier en Inde, où, l’année suivante, il forme un gouvernement en exil à Dharamsala (dans l’Etat de l’Himachal Pradesh, tout à fait sans le nord de l’Inde).

En 1962, du 10 octobre au 20 novembre, la Chine attaque l’Inde et occupe des territoires au sud de la ligne Mac-Mahon, au Cachemire (territoires de l’Aksai Chin) et au Nord-Est de l’Inde, un territoire de l’Assam. Finalement, la Chine se retire de ce dernier territoire, lequel devient l’Etat indien de l’Arunachal-Pradesh, mais garde ses conquêtes au Cachemire et les intègre à la République autonome du Xinjiang.

En 1965, la Chine annexe administrativement l’Amdo, un morceau Nord-Est du Jangtang et les 2/3 du Kham (les régions les plus densément peuplées), laissant un Tibet diminué de la moitié de son territoire et appelé " République autonome du Tibet ".

Le Tibet est réduit comme peau de chagrin passant de 2 500 000 km2 à 1 221 600 km2 pour la Région autonome du Tibet, et de 6 millions de Tibétains à 2 618 999 habitants en 2000 pour la région autonome. 150 000 Tibétains sont en exil, principalement ne Inde.

En 1987, les manifestations autonomistes reprennent à Lhassa, où la loi martiale est proclamée en 1989. La même année, le prix Nobel de la paix est décerné au dalaï-lama.

En mars 2008, les manifestations reprennent de plus belle afin d’attirer l’attention de l’opinion internationale en rapport avec l’organisation des jeux olympiques à Pékin.

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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 14:34

Cet espace a commencé à s’organiser politiquement au VII° siècle avec l’émergence d’un premier royaume tibétain dans la vallée du Yarlung (sa fondation remonterait, selon l’historiographie traditionnelle, à 127 avant JC), avec comme première capitale Yumbum Lhakang.

Ce royaume transfère sa capitale à Lhassa en 633 après JC. Il a comme voisins, au nord, des royaumes turcs (occidentaux et orientaux) et à l’est, la Chine. A partir des années 700, le Tibet connaît une extension politique au détriment de ces voisins ; il descend jusqu’à la mer et débouche sur le golfe du Bengale (englobant ainsi l’actuel Bangladesh et le Nord-Est de l’Inde). Un traité de paix est signé avec la Chine des Tang en 821. C’est le temps de l’empire tibétain qui contrôle la route de la soie.

Mais à partir des années 900, c’est la Chine (sous les dynasties Song, Ming, etc. ) qui prend le dessus. Elle conquiert le Turkestan oriental et repousse les Tibétains dans leur espace " naturel ". Mieux, avec sa dynastie mongole au XIII° siècle, elle va exercer son influence sur cette région au bénéfice de la lignée des Sakyas (ou Sakyapas) (laquelle avait été fondée en 1071). En 1578, le chef mongol Altan Khan confère le titre de dalaï-lama à Sonam Gyatso, qui devient rétrospectivement le troisième dalaï-lama. En 1720, après avoir refoulé l’invasion des Dzoungares (des Turcs orientaux) qui s’étaient emparés de Lhassa en 1717, la Chine exerce un protectorat sur le Tibet.

   
vue sur http://www.tibet.info.net/ 
Ce Tibet " historique " correspond à la situation d’avant le XXème siècle.


Ses régions traditionnelles en sont :
 

 Le Ngari, au Tibet occidental, en limite avec le Cachemire correspondant à l’ancien royaume du Zhangzhung
Le Jangtang, grande région aux très faible densité humaines (au nord du Ü-Tsang)
Le Utsang, prononcé [ytsaŋ] (Ü-Tsang, en versant nord de l’Himalaya, plus densément peuplé et où se trouve la capitale Lhassa (depuis l’an 633)
Le Kham, qui correspond au sud-ouest
L’Amdo au nord-ouest et qui englobe une poche occidentale de locuteurs du mongol.

 

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